Quelles sont les priorités sanitaires, les défis à relever en matière de santé ?
- Il faut considérer la santé comme quelque chose de tout à fait global. La santé ce n’est pas seulement la prise en charge des maladies. Les gens doivent savoir que la santé est liée à tout un mode de vie : bien s’alimenter, ne pas vivre dans un monde pollué, faire du sport, etc. Le premier des défis est de s’attaquer aux conduites addictives très ancrées à La Réunion : alcool, polytoxicomanie médicamenteuse, zamal, etc. C’est aussi réduire le nombre de diabétiques, trois fois plus nombreux à La Réunion qu’en métropole. Un autre défi sera de faire face à des maladies émergentes comme le chikungunya ou le paludisme.
Quels moyens doivent être mis en œuvre pour les relever ?
- Pour relever ces défis, nous aurons à remettre à niveau les hôpitaux, notamment le pôle sanitaire Est et Ouest, rénover le Centre Hospitalier Sud Réunion et le CHD.
Nous devons penser à augmenter le nombre d’établissements pour personnes âgées et personnes handicapées, pour les malades d’Alzeihmer. Il faut aussi augmenter les lits pour l’accueil des patients atteints de pathologies chroniques.
Un autre grand chantier : le Centre Hospitalier Régional et Universitaire doit voir le jour. En termes de formation, il est nécessaire d’augmenter le nombre de places dans les écoles d’infirmiers, créer l’école de kinésithérapeutes, et une école de cadres.
Nous devons mettre l’accent sur les soins, et plus encore sur la prévention car c’est ce qui coûte le moins cher et c’est important de privilégier l’éducation à la santé dès la maternelle (tabac, nutrition, etc).
La santé est un problème global. On l’a vu avec le chikungunya, les maladies concernent la zone de l’Océan Indien et non seulement La Réunion. Qu’y a t-il à faire pour développer la coopération régionale avec la zone ?
- Nous devons envisager La Réunion dans son environnement et non fermée sur elle-même. Les problèmes de santé des pays de la zone nous concernent au plus haut point. À Madagascar, à Tananarive, il y a la peste, le cholera, la rage...La coopération avec les pays, au moins avec ceux qui appartiennent à la COI est indispensable. Les grands dossiers à traiter en commun sont : le sida, le centre de recherche sur les maladies émergentes, la création d’un pôle mère-enfant, et la prise en charge de la santé mentale.
Propos recueillis par E.P.
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