Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Destination Santé
18 août 2006

De l’acide cyanhydrique dans le métro de New York ? Ce serait en quelque sorte une réédition de l’attaque au gaz Sarin perpétrée à Tokyo en 1995. Une action spectaculaire mais peu efficace au regard d’objectifs de guerre, affirment certains spécialistes.
En révélant ce projet d’attentat auquel Al Qaïda aurait finalement renoncé - une première - le journaliste américain Ron Suskind a au moins réussi... un efficace coup de pub pour son “One Per Cent Doctrine”, qui paraît ce lundi aux États-Unis... Mais sa "révélation" ne fait qu’accréditer le fait que "les armes bio-terroristes n’ont de la force que par la terreur qu’elles inspirent et les réactions qui en découlent."
Propos iconoclastes ? Peut-être. Mais leur auteur est un expert ! Hervé Bercovier (1) est mondialement reconnu pour sa connaissance des risques nucléaire, biologique et chimique (NBC). Il est vice-président de l’Université hébraïque et de l’hôpital Hadassah de Jérusalem. Les trottoirs de ce dernier sont jalonnés de conduites peintes en bleu pour mener aux centres de traitement des victimes d’agents chimiques, et en vert en cas d’attaque nucléaire.
À ses yeux, la seule approche qui vaille "est l’éducation. Il faut éduquer le corps médical, le corps infirmier et le public. Les considérer comme un acteur capable et efficace, investir dans des stratégies puissantes de surveillance et de communication." Des stratégies de ce type commencent à se mettre en place dans de nombreux pays. En France, des volontaires ont bénéficié d’une vaccination ciblée contre la variole dès 2003. Toujours pour les professionnels, un ouvrage spécialisé est édité depuis mars 2005 sous le titre "Les risques NBC, savoir pour agir".
L’organisation sanitaire aussi s’est adaptée. En France (2) toujours, des plans structurés existent depuis plusieurs années. Dédiés à la réponse aux risques biologique et chimique, ils sont détaillés sur le site de l’AFSSaPS, lequel comporte également, quelques conseils bien utiles destinés au public... dont il vaut mieux prendre connaissance par avance. Sans oublier pour les plus prévoyants, des liens vers les Centres antipoison, l’InVS, l’OMS, l’agence européenne du Médicament (EMEA), l’OCDE, l’Institut Pasteur, les CDC d’Atlanta et la FDA américaine !
Cette richesse d’information signifie que la menace est prise au sérieux. Est-ce contradictoire avec la désinvolture affichée par Hervé Bercovier ? Non, car rappelle-t-il, ce n’est pas la technologie qui menace. "Empoisonner les réservoirs d’eau d’une grande ville, larguer une bombe bactériologique au-dessus de Manhattan, ces entreprises sont quasiment impraticables et vouées à l’échec. Car l’anthrax (le bacille du charbon - n.d.l.r.) n’est pas transmissible d’homme à homme. Pas davantage que la toxine botulique."
Il n’empêche qu’avec un agent transmissible comme la variole, il est possible de faire de vrais dégâts. La menace n’est ni théorique... ni nouvelle. "La population du Mexique est passée de 20 millions en 1518 à seulement 3 millions en 1568 à cause de la variole importée par Cortès et les siens. Et au XVIIIème siècle, l’anglais Jeffrey Amherst a le premier, génocidé les Irokois - alliés des Français - en leur distribuant des couvertures contaminées par la variole". Plus près de nous, les Russes ont produit plus de 20 tonnes de virus varioleux depuis la seconde guerre mondiale. Sont-elles toutes sous contrôle ? Voilà une question qui mérite attention.
(1) Interview du Pr Hervé Bercovier de notre envoyé spécial à Jérusalem, juin 2006.
(2) Ministère de la Santé.
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