Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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27 octobre 2008

C’est un crime, un vrai ! Le recrutement massif de personnels de santé africains par les pays riches devrait être considéré comme un crime international.
C’est en tout cas l’avis d’un médecin canadien qui signe, dans le “Lancet”, un point de vue au vitriol. Car la fuite des cerveaux hypothèque l’avenir des systèmes de santé africains.
Certes ce commerce, car c’est vraiment de cela dont il s’agit, n’est pas nouveau. Le problème a même fait l’objet d’un rapport spécial à la dernière Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement. C’est pourtant la première fois qu’il est assimilé à un crime. Et de surcroît, dans une revue scientifique de référence.
Le recrutement intensif de personnels africains déstabilise les systèmes de santé locaux. Il contribue aux crises sanitaires majeures que connaît le continent, lâche le Dr Edward Mills du British Columbia Centre for Excellence in HIV de Vancouver, au Canada. Nous sommes face à un crime international. Des pays comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l’Australie, le Canada, l’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis régulent leur population médicale en recrutant notamment en Afrique sub-saharienne.
Le résultat est accablant : la Tanzanie par exemple se retrouve avec 800 professionnels de santé pour 40 millions d’habitants. Soit 0,02 pour 1.000 habitants. L’Ethiopie et Madagascar font à peine mieux, avec un taux de 0,03, tandis qu’au même moment, la Grande-Bretagne aligne 2,30 médecins pour 1.000 habitants. Cerise sur le gâteau, les pays recruteurs prennent dans leurs filets les meilleurs éléments du continent africain. Médecins, infirmiers, pharmaciens, tous terminent leurs études en Afrique avant le grand départ. Le Royaume-Uni a ainsi économisé 86 millions d’euros grâce au recrutement de médecins ghanéens entre 1998 et 2002.
(Sources : Destination Santé)
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