Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Destination santé
28 septembre 2013

Leur simple évocation fait peur, mais que recouvre en fait le terme de méningite ? La France est-elle encore aujourd’hui concernée ? Dispose-t-on de vaccins ? Les réponses de deux spécialistes.
« Plusieurs bactéries peuvent être responsables de méningites », nous explique le Dr Jean-Philippe Leroy, infectiologue, responsable du centre de vaccinations internationales du service des maladies infectieuses au CHU de Rouen. « Il y a le pneumocoque et l’haemophilus influenzae de type B (ou HiB), à l’origine de méningites qui sont devenues assez rares en France. Et il y a aussi les méningocoques. Ces derniers se répartissent en 13 sérogroupes, dont 5 très virulents : A, B, C, W135 et Y. Chaque année dans notre pays, on estime entre 500 et 800 le nombre de cas de méningites à méningocoque, dont 10% sont mortels. Au total, le méningocoque de type B est responsable de 73% des cas, le C de 15% et à peu près 10% pour le Y ». Les nourrissons, les adolescents et les jeunes adultes de 15 à 24 ans sont les plus exposés. C’est une infection grave des fines membranes qui enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Contagieuse, la méningite se transmet par des gouttelettes de sécrétions respiratoires ou pharyngées. Un contact étroit, à l’occasion d’un baiser, d’un éternuement, d’un accès de toux ou même la promiscuité avec une personne infectée favorise sa propagation.
« Le tableau clinique des infections à méningocoque est assez trompeur au départ », indique le Dr Leroy. « Maux de tête, fièvre, douleurs dans les membres, les articulations. Autant de signes que nous pouvons comparer à un syndrome pseudo-grippal ». D’autres symptômes sont plus caractéristiques et signifient que l’évolution est déjà très avancée. « Le patient va éprouver des difficultés à écouter les sons (phonophobie), à regarder la lumière (photophobie). Il va présenter une fièvre très élevée, de violents maux de tête, une raideur de la nuque et un état général altéré. L’apparition de petites taches rouges dont la taille évolue rapidement indique que la victime souffre d’un purpura fulminans ». Une véritable urgence médicale qui nécessite l’appel au centre 15. « En cas d’absence de soins, une méningite à méningocoque est mortelle à 100% », souligne le Dr Jean-Philippe Leroy.
« Jusqu’à présent, nous ne disposions que d’un vaccin contre les méningites à méningocoque de type C », indique le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des Vaccinations au Haut Conseil de Santé publique (HCSP). « Pour la méningite B, nous avons un nouveau vaccin qui devrait être disponible au cours du dernier trimestre de cette année. Nous sommes en train d’établir les recommandations ». Il existe depuis plusieurs années un vaccin contre une souche vaccinale B très spécifique qui circule notamment dans la région de Dieppe (Seine-Maritime). Mais moins de 20% des infections invasives à méningocoque B en France étaient couvertes par ce vaccin.
Autre volet de la prévention, celle qui doit s’établir autour des malades. « Les méningites sont des infections particulièrement contagieuses, il est donc indispensable de mettre en place une antibiothérapie censée éliminer le germe de la gorge. Cette stratégie est proposée aux sujets qui ont été en contact avec les malades, pendant la période de contagiosité, soit 10 jours avant le début de la maladie ».
Plusieurs associations de patients qui luttent contre la méningite se sont fédérées pour créer le portail d’information www.ensemblecontrelameningite.fr
Enfin, à l’occasion de la Journée contre la Méningite, le 8 octobre, elles informeront le grand public à travers leur campagne : “La méningite est une urgence absolue – la mobilisation de tous”. Des brochures seront disponibles dans plus de 1.000 cabinets de pédiatres et dans les centres de Protection maternelle et infantile. Le 8 octobre, elles vont également organiser un colloque sur “La méningite : recherche, information, prévention”.
©Agence de Presse Destination Santé-2013
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