La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
10 février 2011

Les médicaments que nous absorbons chaque jour finissent en bout de chaîne par polluer les eaux de nos rivières et de nos fleuves. Un travail canadien a étudié les effets de cette pollution sur les truites du Saint-Laurent. Les auteurs se sont particulièrement intéressés aux résidus d’antidépresseurs. Le Pr Sébastien Sauvé, de l’Université de Montréal, a analysé les truites exposées pendant trois mois aux rejets des eaux usées de Montréal. Il a découvert que ces médicaments s’accumulaient dans l’organisme des poissons et influençaient leur activité cérébrale. Il précise toutefois qu’il y a, selon lui, peu de risque pour la santé humaine. « La quantité d’antidépresseurs libérés dans notre fleuve se compare approximativement à l’équivalent d’un grain de sel dans une piscine olympique ».
Pas de danger pour l’Homme certes, mais qu’en est-il des poissons ? « Nous savons que les antidépresseurs ont des effets secondaires nocifs sur les êtres humains. En revanche, nous ne connaissons pas leurs effets sur les poissons. Nous observons cependant leur influence sur l’écosystème du fleuve, ce qui devrait susciter l’attention de toutes les villes ». Plus préoccupant, il serait quasiment impossible d’éliminer les antidépresseurs retrouvés dans le fleuve. « La structure chimique de ces médicaments les rend extrêmement difficiles à retirer des eaux d’égout, même en utilisant les systèmes les plus sophistiqués qui soient », assure en effet Sébastien Sauvé.
Des travaux antérieurs, menés par la même équipe, avaient déjà montré la présence de rejets médicamenteux : antihypertenseurs, traitements contre l’excès de cholestérol, anticancéreux… D’autres équipes de recherche ont ainsi évoqué de graves conséquences sur la faune. Et notamment le développement d’organes génitaux mâles chez les femelles de certaines espèces, alors que certains poissons, au contraire, se féminisaient. Ces “incidents” ont été directement liés aux rejets entraînés par l’utilisation de pilules contraceptives. Aux États-Unis aussi, des chercheurs ont découvert de multiples traces de médicaments dans plus de 140 fleuves et rivières. Le Pr Sauvé poursuit ses recherches et de nouveaux travaux devraient préciser l’impact des rejets médicamenteux dans les eaux fluviales.
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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