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VIH / SIDA
18 août 2006

La crise des ressources humaines entrave sérieusement la prévention et le traitement. Il manque plus de 4 millions de soignants dans 57 pays.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en collaboration avec l’Organisation Mondiale du Travail et l’Organisation internationale pour les Migrations, a annoncé aujourd’hui le lancement d’un plan mondial coordonné visant à surmonter un problème majeur souvent négligé qui entrave l’action de prévention et de traitement du VIH/SIDA, à savoir l’importante pénurie de personnel de santé, surtout dans les pays en développement.
Le plan intitulé “Traiter, former, fidéliser” est un aspect important des efforts consentis par l’OMS pour renforcer les ressources humaines pour la santé et promouvoir des stratégies nationales complètes de développement des ressources humaines pour les programmes de lutte contre différentes maladies. Le plan s’inscrit aussi dans le cadre des activités de l’OMS visant à promouvoir l’accès universel aux services concernant le VIH/SIDA. Par son programme VIH/SIDA, l’OMS joue un rôle de pivot en vue de l’accès universel.
L’Afrique : 11% de la population mondiale, 64% des contaminés par le sida.
Cinquante-sept pays, pour la plupart en Afrique subsaharienne et en Asie (notamment le Bangladesh, l’Inde et l’Indonésie) doivent faire face à une grave pénurie de personnel de santé, l’OMS estimant qu’il manque plus de 4 millions de soignants. C’est l’Afrique subsaharienne qui est confrontée aux problèmes les plus sérieux : la région compte en effet 11% de la population mondiale et près de 64% des personnes vivant avec le VIH, mais seulement 3% des agents de santé - concentrés bien souvent dans les villes, les effectifs étant d’autant plus clairsemés en milieu rural.
En Afrique subsaharienne et ailleurs, l’épidémie de VIH/SIDA contribue à la pénurie : elle est à l’origine d’une surmortalité et d’une perte de productivité et constitue aussi un facteur de démoralisation des soignants. Le phénomène a également modifié la perception des métiers de la santé chez les jeunes, les carrières devenant moins attrayantes, ce qui contribue à la pénurie de personnel qualifié affecté à la prévention et au traitement du SIDA. En outre, de nombreux soignants formés dans les pays en développement quittent leur emploi ou leur pays pour rechercher un poste mieux rémunéré dans un pays riche, dans un centre urbain ou dans une organisation non gouvernementale (ONG).
Pénurie de soignants : menace sur la santé publique
Comme l’a souligné le Dr Anarfi Asamoa-Baah, Sous-directeur général de l’OMS, "l’OMS a un rôle unique à jouer pour aider les pays à trouver des réponses efficaces, globales et durables face à l’épidémie de SIDA. La pénurie de soignants a un effet dévastateur sur le secteur public de la santé, notamment dans les pays en développement et il s’agit d’un des problèmes les plus graves auxquels nous soyons confrontés dans la prévention et le traitement du VIH. C’est pour faire face à cette crise que l’OMS lance le plan “Traiter, former, fidéliser”".
Pour le Dr Sigrun Mogedal, ambassadeur du Gouvernement norvégien chargé du VIH/SIDA, le plan “Traiter, former, fidéliser” de l’OMS constitue un ballon d’oxygène essentiel pour les systèmes de santé nationaux qui aura un impact bien au-delà du VIH/SIDA. En augmentant le nombre des soignants qualifiés, en bonne santé et motivés, le plan aura des effets positifs pour l’ensemble des systèmes de santé.
Une Alliance mondiale pour les personnels de santé
Le plan “Traiter, former, fidéliser” sera appliqué dans le cadre de l’Alliance mondiale pour les personnels de santé créée en mai 2006 sous l’égide de l’OMS. L’Alliance est un partenariat de gouvernements, d’organismes d’aide, de groupes de la société civile et d’organisations multilatérales.
Comme l’a fait observer le Dr Francis Omaswa, Directeur exécutif de l’Alliance mondiale, "“Traiter, former, fidéliser” s’inspire de l’expérience croissante et les données toujours plus nombreuses sur les moyens de rendre le personnel de santé plus performant. Le plan permettra d’accélérer l’adoption de meilleures pratiques sur les questions critiques comme les rôles et responsabilités accrus des agents de santé communautaires dans la lutte contre le VIH/SIDA et la promotion d’une meilleure santé aux niveaux familial et communautaire."
14 milliards de dollars sont nécessaires, soit 0,60 dollar par an et par habitant.
Le plan “Traiter, former, fidéliser” mettra l’accent sur les pays les plus touchés par le VIH/SIDA et présentera un ensemble d’options qui pourront être adaptées par les pays à leurs besoins spécifiques. L’OMS estime qu’il faudra au minimum 7,2 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années pour appliquer le plan dans les 60 pays confrontés à la charge la plus forte de VIH ; le coût pourrait même atteindre jusqu’à 14 milliards de dollars. Ce montant correspond à un coût annuel par habitant d’environ 0,60 dollar dans les pays touchés, ce qui représente entre 2% et 5 % des dépenses consacrées à la santé dans un pays typique à faible revenu.
Traiter
Alors qu’ils sont en première ligne dans les programmes nationaux de lutte contre le VIH/SIDA, les agents de santé ne jouissent pas toujours d’un accès adéquat aux services spécifiques. Le volet “Traiter” du plan est un ensemble de services de prévention, de traitement et de soins dont pourront se prévaloir en priorité les agents de santé et qui répondront spécifiquement à leurs besoins. Il s’agit notamment :
o de campagnes spécialement conçues de sensibilisation et de lutte contre l’exclusion et la discrimination,
o de services de dépistage et de conseil,
o de l’accès prioritaire au traitement antirétroviral pour les soignants et leur famille,
o d’une protection contre la transmission du VIH dans leur travail et notamment de l’accès à une prophylaxie après l’exposition.
Former
L’aspect “Former” comprend des stratégies pour les pays visant à accroître le nombre des nouveaux agents de santé et à tirer le maximum des effectifs disponible. Il s’agit notamment :
o de recruter et de former des agents de santé supplémentaires,
o de confier de nouvelles tâches à des agents de santé moins spécialisés (par exemple non plus à des spécialistes mais à des médecins, non plus à des médecins mais à des infirmières, ou encore non plus à des infirmières mais à des agents de santé communautaires, à tout un chacun et notamment à des personnes vivant avec le VIH),
o d’accroître le nombre des diplômés en améliorant et en généralisant la formation avant l’emploi dans les écoles de médecine et de soins infirmiers et d’incorporer à la formation une composante SIDA,
o de fournir une formation en cours d’emploi aux agents de santé déjà actifs afin de leur donner les moyens et les compétences pour apporter des soins plus efficaces aux personnes vivant avec le VIH/SIDA.
Fidéliser
L’aspect “Fidéliser” comprend une série d’interventions pour aider les pays à garder le personnel de santé en place. Il s’agit notamment :
o d’introduire des modifications politiques, des codes de pratiques et des principes éthiques permettant de réduire l’émigration des agents de santé des pays à faible revenu vers les pays développés,
o de diminuer l’attrait du secteur privé et des ONG spécialisées dans le VIH/SIDA pour les soignants travaillant dans le secteur public,
o d’améliorer l’environnement professionnel, notamment en matière de santé et de sécurité, de réduire le risque d’infection par le VIH et d’autres maladies à transmission sanguine et de faire face à d’autres problèmes liés au travail comme le stress et l’épuisement,
o d’aider le personnel et les familles touchés par le VIH en garantissant la sécurité de l’emploi, d’interdire la discrimination, de fournir des avantages sociaux et d’aménager les conditions de travail,
o de fournir des incitations financières, ainsi que des stimulants non-financiers -perspectives de carrière et de formation, moyens de transport ou accès au traitement VIH pour les membres de la famille.
Mesures prioritaires à prendre par l’OMS
Pour assurer le succès du plan “Traiter, former, fidéliser”, l’OMS a défini les mesures prioritaires suivantes :
o mettre en place un comité d’orientation spécial chargé de plaider en faveur du plan, de guider la mise en oeuvre des activités et de suivre les progrès accomplis,
o apporter des recommandations et une assistance technique aux gouvernements pour la mise en oeuvre des activités du plan,
o promouvoir la reconnaissance mondiale de la vulnérabilité du personnel de santé au moyen de campagnes spécifiquement conçues pour le bien-être des agents de santé dans le contexte de l’épidémie de VIH,
o concevoir et de faciliter l’application d’un programme mondial sur le transfert des tâches afin d’accélérer les mesures prises face à la crise des ressources humaines pour la santé,
o préconiser des incitations financières permettant de fidéliser les agents de santé et envisager d’éventuels stimulants non financiers.
(Sources OMS)
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Messages
11 février 2007, 23:25, par bagoro didier
article trés pertinent je suis infirmier au burkina faso et dans la suite de mes etudes j’ai envie de faire une recherche sur les facteurs explicant la faible partipation des agents de santé communautaires a la lutte contre le sidadans le district sanitaire de fada.je trouve que la penurie des agents de santé est tré importante au bukina et entrave la lutte
3 mars 2007, 23:09, par Jean-Pascal Abayo
Je suis du Burundi et je suis étudiant en Médecine à l’Université de Liège ( Belgique). C’est un plan très touchant qu’il faut à tout prix mettre en pratique. Mais concernant la formation : allez-vous créer de nouvelles écoles de Médecine ???? S’il faut augmenter le nombre d’étudiants, n’y t-il pas un risque de hausser le nombre et baisser les compétences ????
Concernant la fidélisation, le gros problème concerne la rémunération et la motivation. Comment allez vous trouver des subsides ???, Ne faut-il pas "obliger" les gouvernements à encourager et respecter les soignants sans lesquels aucun développement n’est possible ??
En effet je trouve qu’il y a pas mal de dirigeants africains qui n’ont pas de formation nécessaire en termes de santé. Il n’est pas rare de trouver des universitaires compétents mais sans notions élémentaires dans le domaine de la santé et cela par faute de formation à ce niveau. La santé demeure l’affaire des soignants et de pauvres malades. D’où je vous demanderais, si possible, de collaborer avec UNESCO et les gouvernements pour mettre sur pied un système éducatif permettant d’acquerir ces notions, dans les contrées où c’est pas encore fait. Car, je pense, le problème de l’Afrique est d’abord un manque d’éducation notamment chez les modèles. Ne serait-il pas une bonne idée de mobiliser et de former les hauts placés qui pourraient transmettre le message par la suite ??? Et incorporer un cours de santé et société dès l’enseignement primaire ????
Il faut démystifier la médecine et les pathologies dans ces contrées où seuls les soignants et les patients parlent de la médecine. Il faut donc une concientisation à tous les échelons, de haut en bas. Un dirigeant conscient de l’utilité de la médecine" fondement de tout" ferait mieux.
Exemple -type : Au Burundi, un député qui, parfois, n’a pas fini l’école secondaire touche 600 EUR tandis qu’un médecin en toucherait 70, avec quoi il ne sait pas payer un loyer, est-ce un dirigeant avisé de la primauté de la santé ferait cela ???
Je vous remercie"