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Éducation à la santé sur le thème de l’adolescence
27 juillet 2006

Le cap de l’adolescence est difficile à franchir ; et pour le jeune qui remet en cause l’autorité, et pour ses parents qui ne savent plus quelle attitude adopter pour gérer les rapports conflictuels. Sans apporter de ’recettes miracles’, l’Unité Fonctionnelle d’Éducation à la Santé du service de pédiatrie du CHD de Bellepierre propose des séances thématiques réservées aux parents qui le souhaitent pour les aider à mieux appréhender cette étape, à mieux comprendre l’adolescence.
Le volet Éducation à la santé est inscrit dans le dernier Schéma Régional d’Organisation Sanitaire. Au-delà de l’adolescence, son champ d’intérêts est beaucoup plus vaste : l’asthme, le diabète, l’hémophilie... L’objectif est d’informer le malade et ses parents "pour être le moins dépendant possible des médecins et des infirmiers, pour être acteur de sa maladie", explique le docteur Jean-Claude Combes, chef du service pédiatrie au CHD, qui anime les séances sur l’adolescence.
"L’adolescent n’est pas un malade"
"Nous avons un rôle d’information vis-à-vis des parents sur le développement de l’enfant, les traitements pour les tous petits et les plus grands", explique le docteur Combes. Pour le cas de l’adolescence, "les parents sont un peu parfois désemparés et demande des conseils. L’objectif n’est pas d’être moralisant, mais bien de les soutenir dans leur compréhension de l’adolescence et de permettre ainsi de limiter les interventions extérieures."
Les séances, dont la première “Adolescence et tentative de suicide” s’est tenue lundi, volontairement en petit comité, ne portent pas sur des cas précis mais abordent plus largement le fonctionnement de l’adolescent dans la perspective d’améliorer les relations, "d’être plus capable de calmer le jeu."
Pour le docteur Combles, l’adolescence ne se vit pas à La Réunion différemment d’ailleurs. "Tous les adolescents, quel que soit le pays, fonctionnent à peu près de la même façon. On peut retrouver des variables selon l’éducation, selon la culture, mais les problèmes d’obésité, de tentatives de suicides, les abus sexuels se retrouvent partout." Et s’agissant des tentatives de suicides à La Réunion, le pédiatre soutient qu’elles sont difficiles à quantifier car beaucoup sont clandestines. "Même si on a l’impression qu’elles sont plus fréquentes, il semblerait que le phénomène soit de même ampleur qu’ailleurs."
"Lui trouver des qualités, le valoriser, l’aimer"
Plus généralement, le propre de l’adolescence reste le conflit plus ou moins violent avec les parents. "L’adolescent remet en cause l’autorité, teste la discipline. C’est normal. L’adolescent n’est pas un malade." Mais à quel moment repérer que les comportements du jeune dépassent la crise d’adolescence normale ? Les problèmes scolaires, les comportements d’isolement, les conduites à risque (consommation d’alcool, de médicaments, de zamal) sont pour le docteur Combes des clignotants, des repères qui doivent alerter les parents sur la souffrance du jeune, lui dire : "Attention, cela ne va pas bien ! C’est plus une sommation de petits événements qu’un événement brutal."
Mais les parents ne savent pas toujours comment réagir aux conflits avec leurs adolescents. Tout réside dans la complexité du compromis à trouver : être proche sans être intrusif, établir des repères à la fois forts et souples, stables mais pas trop rigides, permettre à l’adolescent de s’autonomiser sans lui offrir trop d’indépendance, apprendre à le contenir quand il fait des crises... "Il faut trouver un juste milieu (...) Les parents sont les parents, ils doivent rester à leur place." Établir ou renouer le contact n’est pas toujours tache facile, mais ce qu’il est important de souligner pour le docteur Combes c’est qu’"il faut lui (l’ado) trouver des qualités, le valoriser, l’aimer. Car le propre de l’adolescent, sans stigmatiser, c’est de ne pas avoir confiance en lui. Il est très difficile pour lui de réaliser des objectifs valables et plus facile de s’affirmer dans le négatif, d’autant qu’il ne veut pas faire plaisir aux parents."
Donner des règles générales
Si par exemple son comportement d’opposition en classe le conduit à l’expulsion impulsion, plutôt que de rentrer dans une opposition frontale face à ce qu’il faut appréhender comme un signal d’alerte, peut-être est-il préférable de lui accorder : "D’accord, tu es suspendu, tu as mal agi, mais on va en discuter."
Quels que soient les conseils qui puissent être apportés aux parents qui le souhaitent, le docteur Combles est formel : "il n’y a pas de recettes miracles. C’est important de souligner que l’objectif de ces séances n’est pas de stigmatiser les parents, de dire ça c’est bien ou c’est mal, mais de donner des règles générales. Ce sont eux les éducateurs."
Stéphanie Longeras
Prochaines séances
Comme précisé dans l’article, ces séances, qui accueillent 10 personnes maximum, sont exclusivement réservées aux parents. Elles se déroulent les lundis de 16 heures 30 à 18 heures 30 à la consultation externe du service de Pédiatrie du CHD de Bellepierre, actuellement en travaux (venir avec un peu d’avance pour trouver son chemin). Les thématiques suivantes porteront sur : “Conduite à risque à l’adolescence” le lundi 7 août, “Comment fonctionnent les adolescents” le lundi 21 août, “L’adolescent tatoué” le lundi 4 septembre et “Grossesse et adolescence” le lundi 18 septembre. Les places étant limitées, il vous est demandé de vous inscrire au 0262.90.57.24.
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