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Séropositif, il conseille les « travailleurs du sexe » à Tananarive
9 novembre 2006

On ne peut sortir d’une rencontre avec un séropositif que bouleversé ! On gardera l’anonymat de cette personne qui est née à Madagascar, où elle a exercé jusqu’à peu le métier de journaliste. « Je suis séropositif ». A la prononciation de ce mot, j’ai eu la chair de poule. Elle effectue un premier dépistage, rien. Puis un second où elle découvre sa séropositivité. Malgré tout, elle s’empresse de l’annoncer à son responsable. Dès lors, celui-ci souhaite mettre un terme à son contrat. Elle ressent le mépris de certains de ses collègues sur fond de commérages. Dans un tel climat, elle dépose sa démission qui est acceptée aussitôt.
Depuis 7 mois, elle prend soin de sa personne. Cependant, « mon état de santé semble se dégrader », constate-t-elle, « je suis de plus en plus fatiguée ». Elle voit par ailleurs ses dents tomber une à une, et l’une de ses inquiétudes est la formation de poches de graisses sur son ventre. Malgré tous ces signes et en plein désarroi, elle a décidé de donner de son temps aux autres. Avec des séropositifs, elle fonde en 2003 la FiFaFi (Fioana, Fanantenana, Fitiavana) en malgache qui signifie en français Foi, Espoir, Amour. Ils conseillent et orientent les gens des campagnes et des villes.
Désarroi
Elle intervient à Tananarive où, selon elle, « le nombre de séropositifs est sous-estimé par les autorités compétentes ». Par tous les moyens, comme l’écoute ou la mobilisation de personnes autour d’ateliers comme la discussion participative, elle les encourage à se faire dépister. Dépister, un terme qui effraye car les individus appréhendent les résultats des tests. De peur d’apprendre leur séropositivité, ils s’enferment chez eux.
Un jour, un proche ou un ami les découvre sans vie. Plus que jamais, FiFaFi se mobilise pour la distribution de préservatifs dans les rues de la ville aux 2 millions d’habitants. Une de leurs cibles : “les travailleurs de sexe”.
Se consacrer aux autres maintenant...
Le contact avec les prostituées semble être consolidé. Une approche qui commence à porter ses fruits au bout de 2 années de sensibilisation. Avant, se souvient-elle, « elles prenaient les préservatifs pour immédiatement les jeter ». Leur attitude a évolué. Aujourd’hui, elles en font bon usage car pour manger tous les jours, elles vendent leur corps. « La passe est à 0,50 centimes d’euros » ! Et les clients se bousculent ! En moyenne, souligne-t-elle, « elles ont 6 rapports sexuels quotidiens ». Certaines d’entre elles « ont à peine 14 ans » et déjà, elles comptent les jours qui leur restent à vivre. Terrifiant !
... en attendant les effets secondaires
Tout au long de cette rencontre qui a duré une quinzaine de minutes, car elle devait participer à un atelier, elle s’interrogeait sur l’efficacité de son traitement “le triomine”. Les effets secondaires, et non des moindres, apparaîtront bientôt.
J.-F. N.
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