Canne à sucre à La Réunion : il est temps de tout revoir
21 septembre, parSortir du système néocolonial de simple fournisseur des profits d’une société exogène
20 novembre 2010

« Le sucre n’est ni une drogue, ni un toxique. Il est seulement un aliment ». Pour le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, le goût sucré ne peut être assimilé à une addiction comme le tabagisme ou l’alcoolisme, par exemple.
Les aliments peuvent avoir un effet psychotrope en ce qu’ils comportent une composante plaisir : certains nous apportent du bien-être, et notre inclination naturelle nous porte vers ceux qui nous en procurent le plus. Certains d’entre nous auront donc tendance à consommer telle boisson non alcoolique ou tel aliment sucré, précisément pour rechercher ce plaisir. Pour Jean-Michel Lecerf, on ne peut pour autant parler d’addiction.
Celle-ci, en effet, se définit par la dépendance à un produit, accompagnée lors du sevrage par des signes physiques et psychiques de manque. Selon notre spécialiste, rien de semblable n’a été observé dans le domaine de l’alimentation. Une majorité d’entre nous pourtant présente une appétence particulière pour le sucre. Ou plus exactement pour la saveur sucrée… Tout commence in utero. C’est en effet bien avant sa naissance que le fœtus développe une sensibilité au sucré. Au plus haut durant la petite enfance, ce désir de sucre s’atténuera ensuite à l’âge adulte.
Cette attirance sans dépendance est-elle propre à l’Homme ? Des études menées sur le rat, en effet, laissent penser que les mécanismes neurobiologiques liés à l’attirance pour le sucre et les drogues seraient similaires. Elles ont également montré que, dans certaines conditions, les rongeurs pouvaient développer un syndrome de manque pour le goût sucré. Le Pr David Benton (Université de Swansea au Pays de Galles) conclut cependant à l’absence de preuves scientifiques solides chez l’Homme. « L’ensemble des données en notre possession montre que le sucre ne provoque ni addiction, ni troubles alimentaires ».
Il n’en reste pas moins qu’en matière de sucre, la modération s’impose. C’est un aliment précieux, aussi bien pour le cerveau que pour le muscle. Sa consommation excessive ou désordonnée peut, toutefois, conduire à l’obésité, voire à des troubles métaboliques. Il est donc essentiel de bien s’informer sur la teneur en glucides simples des aliments préparés. Prenez le temps de lire les étiquettes ! Habituez-vous aussi à mémoriser les aliments les plus riches en glucides totaux (c’est-à-dire les amidons et les glucides simples).
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