Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
11 septembre 2006

J’ai beaucoup apprécié les “Libres propos” de Maya Césari parus dans “Témoignages” samedi dernier, 2 septembre. Avec pertinence, la chercheuse et conseillère régionale évoquait un problème de société très inquiétant : l’augmentation de l’obésité, notamment chez les enfants. Voici d’autres éléments qui pourraient enrichir cette intéressante réflexion et amener à une prise de conscience. À partir de là, il serait si simple de changer nos habitudes et nous prémunir de cette maladie, si nous le voulions vraiment...
Je m’appuie pour cela sur une campagne de prévention santé actuellement testée en France dans 10 villes pilotes : Asnières sur Seine, Beauvais, Béziers, Évreux, Meyzieu, Roubaix, Royan, Saint-Jean, Vitré, Thiers. Il s’agit du programme EPODE (Ensemble, prévenons l’obésité de nos enfants). (1)
Impliquer l’ensemble des acteurs
Ces villes ont lancé une campagne de santé inédite afin d’éviter la prise de poids excessive des enfants de 5 à 12 ans. Elles s’engagent à mettre en place des actions concrètes, pendant 5 ans, grâce à la mobilisation de l’ensemble de la collectivité. Enseignants, professionnels de santé, parents, associations, commerçants..., chacun est invité à participer aux initiatives développées dans les écoles et dans la ville pour redécouvrir l’alimentation et promouvoir une plus grande activité physique des enfants.
L’obésité infantile est devenue un enjeu de santé publique majeur dans la plupart des pays industrialisés. Il est aujourd’hui avéré qu’un enfant obèse risque fortement de le rester à l’âge adulte, entraînant une augmentation considérable de maladies associées : maladies cardio-vasculaires et diabète de type 2, diminution de 13 ans de son espérance de vie.
La prise en charge restant difficile et encore peu évaluée, il est fondamental de prévenir et prendre en charge dès le plus jeune âge la prise de poids excessive des enfants.
Pour cela, la prévention se doit de dépasser le cadre strictement médical en impliquant l’ensemble des acteurs de la collectivité et ainsi modifier les facteurs environnementaux en grande partie responsables de cette évolution alarmante.
Le vélo c’est la santé
Une proposition de loi a été déposée à l’Assemblée nationale le 23 mars 2005 "pour agir contre l’épidémie d’obésité". Elle identifie le développement du vélo comme un des outils efficaces pour lutter contre ce phénomène, que les auteurs proposent de déclarer "enjeu majeur de santé publique". Il est de plus en plus évident que le rapport des habitants à la ville doit changer et que l’utilisation de la voiture individuelle ne pose pas seulement des problèmes d’environnement. La lutte contre l’obésité est une raison supplémentaire pour donner plus de place aux moyens de transports alternatifs à l’automobile et encourager une certaine dépense énergétique lors de tous les déplacements.
Du stress en moins
Le Docteur Jean-Luc Saladin est médecin généraliste au Havre et Directeur de thèse auprès de l’Université de médecine de Rouen. Ce médecin explique pourquoi il recommande l’usage de la bicyclette pour se déplacer en ville : "L’activité physique, à raison d’une demi-heure par jour, constitue un traitement pour à peu près toutes les pathologies qui affectent l’Homme moderne".
Maladies cardio-vasculaires, obésité, diabète, cancers, ostéoporose : enquêtes épidémiologiques à l’appui, cette demi-heure de mouvement à elle seule réduit ces fléaux. Le seul cancer du sein recule de moitié, sous l’effet de la stimulation hormonale induite par l’exercice.
Plus subtil, ou tellement évident que cela va mieux en le disant : l’activité physique sollicite le système nerveux. Autrement dit, elle entretient les facultés cognitives et ralentit leur déclin. Elle améliore le moral, tient la dépression à distance et la créativité en éveil. Enfin, se déplacer grâce à son corps cultive un gratifiant sentiment d’autonomie et d’estime de soi.
Le Docteur Saladin insiste sur l’importance de ces aspects pour les enfants. Si l’on pousse le raisonnement, les transporter d’un lieu à l’autre en voiture ou en bus revient à les éduquer précocement à la passivité, sensorielle et psychologique.
Vélo plutôt que moteur, cela signifie ni pollution de l’air, ni bruit, et c’est autant d’asthmes, de bronchites, de thromboses (la pollution atmosphérique modifierait la viscosité du sang) et de stress en moins.
Simone Biedinger
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