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Destination Santé
23 décembre 2017, par

« Il faudrait peut-être que tu ailles voir quelqu’un », « cet après-midi je vais chez le médecin de la tête »… le rendez-vous chez le psychologue relève souvent d’un échange en face à face. Mais aujourd’hui, les consultations se déroulent aussi par téléphone ou sur Skype. La parenthèse thérapeutique est-elle la même ? Pourquoi certains patients privilégient-ils le suivi à distance ?
Certaines personnes préfèrent consulter un psychologue par téléphone ou par Skype. En première ligne, les arguments sont souvent d’ordre pratique : moins de perte de temps, plus d’autonomie… « En 45 minutes de consultation, dans un endroit calme et intime, la personne se crée son espace de parole à elle, au moment où elle le souhaite », décrit Sophie Denoyer [1], psychologue en ligne. « Les modalités de prise en charge sont exactement les mêmes qu’en consultation classique. » Pour les personnes qui ont des difficultés à exprimer ce qu’elles éprouvent, la consultation à distance peut être une solution. « Les expatriés qui ne trouvent pas de psychologue avec qui échanger dans leur langue maternelle sont aussi demandeurs de cette offre. »
« Je ne suis pas contre car rien ne prouve que l’échange physique soit le seul mode de prise en charge qui fasse ses preuves », témoigne Florent Alain [2], psychologue à Nantes qui réalise ses consultations en face à face. « Simplement il ne faut pas entrer dans un système de consommation de masse. » Un peu comme « les sites de rencontre sur lesquels on paie et coche des cases pour tomber amoureux à distance ». Or « la psychologie en ligne peut prendre ce chemin. Sur certaines plateformes, les soignants doivent payer pour entrer dans le réseau. Et les patients consultent une liste de divers symptômes standardisés. » Un fonctionnement peu individualisé, même s’il est « rassurant pour le patient. Comme si le fait de correspondre à tel ou tel symptôme lui permettait de ne pas trop déployer ses particularités ».
Mais alors, est-ce que consulter à distance peut signifier… mettre ses soins à distance ? « Selon mon expérience, le face à face peut permettre de créer un lien indispensable à la solidité du suivi », explique Julia Crouzet [3], psychologue et psychanalyste à Nantes. « Le téléphone ou Skype peut servir à donner des conseils, à apporter un soutien. Mais à mon sens, l’engagement du patient dans sa thérapie passe par une proximité avec le soignant. La voix ne peut pas suffire, le regard et la présence nourrissent l’indispensable transfert entre le patient et le psychologue. » Surtout si « l’approche psychanalytique entre en ligne de compte ».
Se pose aussi la question de l’assiduité : s’ils n’ont pas à se déplacer ni à pousser la porte d’un cabinet, certains patients sont-ils pour autant moins assidus ? Selon Sophie Devoyer, psychologue en ligne, les patients ne sont pas moins assidus lorsqu’ils consultent à distance comparé au mode de prise en charge classique. « Comme c’est le cas dans le cadre des consultations classiques, des personnes peuvent m’appeler une seule fois, d’autre moins de 5 fois alors que la plupart des suivis dure plusieurs mois. »
Mais quelle que soit la forme de consultation, physique ou non, la porte et le téléphone du psychologue s’ouvrent comme ils se ferment, par la volonté du patient à entrer dans le suivi, à y rester ou à en sortir.
© Agence Destination Santé
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