Santé vie pratique

Réalité virtuelle : un casque pour diminuer l’anxiété des patients

Destination Santé

Destination Santé / 21 novembre 2017

En stimulant les sens, l’image 3D, les notes de musique planantes et les couleurs chaudes diminuent le niveau de stress. Une recette appliquée dans le domaine de la réalité virtuelle par Mélanie Péron [1], fondatrice de l’application Bliss, dans le but de calmer les patients sujets à l’anxiété, notamment dans la prise en charge des maladies chroniques, dont les traitements s’avèrent parfois invasifs.

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Photo Shutterstock.

Une bulle de calme, un environnement bucolique, une impression de vol… voilà le cocon quasiment hypnotique dans lequel le patient est immergé en mettant le casque audiovisuel Bliss. Inspiré par Mélanie Péron, fondatrice de l’entreprise sociale L’Effet Papillon, ce programme de réalité virtuelle permet aux personnes stressées de sortir de leur spirale psychologique oppressante. Et pourquoi pas aux patients anxieux de calmer leur degré d’appréhension face aux soins ? Des bénéfices aujourd’hui à l’étude.

Les pouvoirs d’évasion de la détente

« L’idée m’est venue au début des années 2000 », explique Mélanie Péron qui s’est entourée de développeurs pour mener à bien son projet. Lentement mais sûrement, Bliss voit le jour et atterrit en avril 2014 entre les mains de médecins oncologues au Mans (clinique Victor Hugo, Sarthe). « Les retours des patients ont été positifs. Les malades ont d’ailleurs souligné l’idée de proposer Bliss auprès de publics en situation d’isolement (tout type d’âges), de longue hospitalisation mais aussi dans les espaces d’attente des établissements car ils sont générateurs de stress et d’anxiété », explique Mélanie Péron. « Et les professionnels de santé soulignent aussi l’effet apaisant de cette technologie. »

Une entreprise sociale, un cadre médical

Via une récolte sur Kisskissbankbank, une plateforme collaborative, le programme Bliss a été en partie financé grâce à 332 contributeurs venant de plusieurs pays depuis mars 2016, année tremplin de la réalité virtuelle. En 60 jours, la totalité des dons a atteint la somme de 25 537 euros.

Pour renforcer l’expertise médicale, l’Effet Papillon travaille en étroite collaboration avec un conseil scientifique dont fait partie le Dr Stéphane Bouchard, titulaire de la Chaire de cyberpsychologie clinique (Université du Québec). Spécialiste de la « Réalité virtuelle et amélioration réelle des troubles liés à l’anxiété », ce dernier explique le mécanisme de stimulation des amygdales cérébrales (centre des émotions) par lequel la réalité virtuelle est capable de tromper le cerveau. Le corps reste dans le même environnement physique mais l’esprit est en mesure de divaguer et de s’apaiser.

© Agence Destination Santé

[1Salon Virtuality, organisé à Paris du 24 au 26 février