Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
10 mars 2012

Selon une étude américaine, les hypnotiques induiraient une augmentation de la mortalité prématurée. Utilisés dans le traitement de l’insomnie, ces médicaments font figure de blockbusters et les Français en sont de gros consommateurs. Le travail de Daniel Kripke a été mené sur 10.500 volontaires âgés en moyenne de 54 ans. Ils ont été suivis durant deux ans et demi, période au cours de laquelle ils ont pu recourir à un ou plusieurs médicaments hypnotiques : des benzodiazépines, ou d’autres hypnotiques tels que le zolpidem, l’eszopiclone ou le zaleplon, mais aussi des barbituriques ou des sédatifs antihistaminiques. Une très large variété, donc, de « médicaments pour dormir »…
Cet important groupe de patients a été comparé à une seconde cohorte, composée de 23.500 sujets qui ne prenaient aucun de ces médicaments. « A partir de seulement 18 prises sur une année, le risque de décès prématuré est multiplié par 3,5 », soulignent les auteurs. Il augmenterait avec la quantité d’hypnotiques consommés. En effet, entre 18 et 132 prises par an, le risque de décès serait quadruplé, voire quintuplé au-delà de ce chiffre. Ces résultats, toutefois, doivent être interprétés avec prudence. Les auteurs font valoir que leurs travaux n’indiquent en aucun cas « un lien de cause à effet » entre la prise d’hypnotiques et l’augmentation des risques.
Neurologue et directeur du laboratoire du sommeil au CHU de Montpellier, le Pr Yves Dauvilliers partage cette prudence. Il regrette que « les auteurs ne précisent pas la pathologie sous-jacente ayant conduit à la prise de traitements. S’agissait-il d’une insomnie primaire, d’une insomnie avec dépression, d’une insomnie avec anxiété… Qu’en est-il de la somnolence associée ? Ces éléments sont majeurs pourtant, si l’on veut préciser la responsabilité respective des médicaments ». Reste de plus à déterminer les causes de mortalité chez les sujets exposés aux hypnotiques ! A ses yeux, ces résultats « constituent néanmoins un argument supplémentaire pour réévaluer régulièrement le rapport bénéfice/risque de ces molécules dans la prise en charge des troubles chroniques du sommeil ».
©Agence de Presse Destination Santé-2012
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