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4 juin, parNos peines
Destination santé
13 mars 2012

Plus de la moitié des patients présentant un trouble bipolaire ont des comportements suicidaires. Comment identifier les plus vulnérables, prévenir le passage à l’acte ? Les réponses du Pr Philippe Courtet, psychiatre au CHU de Montpellier.
« Le trouble bipolaire est une des affections psychiatriques les plus associées au risque suicidaire. Le suicide est en quelque sorte une complication de la maladie ». Dans ce cas, en effet, la période la plus à risque est celle de la dépression mixte. « Elle se caractérise par des symptômes dépressifs classiques, auxquels sont associés des symptômes maniaques ». Une agitation, des troubles du sommeil, un sentiment d’invulnérabilité… Mais le risque est présent à tous les stades de la maladie, et particulièrement entre les phases maniaques — ou d’exaltation — et dépressives. « Les patients sont plus vulnérables en raison des fluctuations d’humeur auxquelles ils sont soumis. Et ces dernières, par définition, sont à la fois fréquentes, chaotiques et difficilement contrôlables ».
Par ailleurs, ces malades sont davantage exposés au risque de divorce, de perte d’emploi, de problèmes financiers et, par voie de conséquence, d’isolement social. « Autant de facteurs dits environnementaux qui influent sur le comportement suicidaire », explique Philippe Courtet.
Une fragilité particulière
Au-delà des effets de la maladie elle-même et des facteurs psychosociaux, notre spécialiste évoque les risques spécifiques auxquels sont exposés ces malades. « Tous les bipolaires ne passent pas à l’acte. En revanche, nous disposons de données très documentées sur l’existence d’une vulnérabilité ». Il existe d’ailleurs plusieurs indicateurs qui permettent de l’identifier. C’est le cas « des antécédents familiaux de suicide, de l’existence d’un comportement agressif, ou de facteurs génétiques et biologiques ».
Enfin, la maladie se caractérise le plus souvent par des troubles associés particulièrement fréquents. Notamment la consommation de substances psychoactives, comme l’alcool ou le cannabis. Ces comportements aussi, bien sûr, « participent à l’augmentation du risque ».
Si un patient bénéficie d’une prise en charge thérapeutique adéquate et d’un soutien psychologique adapté, son niveau de risque suicidaire rejoint celui de la population générale. Or, dans le trouble bipolaire, le retard au diagnostic est trop fréquent. Par conséquent, la prise en charge elle-même est tardive. Et comme nous l’explique le Pr Courtet, « bien souvent, nous ne traitons que le trouble bipolaire, oubliant l’ensemble des comorbidités, dont le risque de suicide. Nous devons donc nous attaquer à tous les facteurs associés à la maladie : traiter correctement chacune de ses phases, bien identifier et prendre en charge la dépression mixte, les facteurs psychosociaux ainsi que la vulnérabilité propre à chaque patient ».
©Agence de Presse Destination Santé-2012
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