Santé vie pratique

Syndrome de l’intestin irritable : préserver la qualité de vie

Destination Santé

Destination Santé / 1er décembre 2017

Douleurs abdominales, ballonnements, troubles du transit… Les symptômes du syndrome de l’intestin irritable (SII) retentissent de manière significative sur la qualité de vie des patients. Aussi bien sur le plan professionnel que privé. Aujourd’hui, il existe pourtant de nouvelles solutions pour les apaiser. Les explications du Pr Michel Dapoigny [1], gastro-entérologue à Clermont-Ferrand.

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Photo Phovoir.

Si le syndrome de l’intestin irritable n’engage pas le pronostic vital des patients, il n’en reste pas moins particulièrement pénible dans la vie de tous les jours. « Ce syndrome est caractérisé par l’association de douleurs abdominales et de troubles du transit, avec des critères de fréquence », indique le Pr Michel Dapoigny. « Elles doivent survenir au moins une fois par semaine sur les trois derniers mois et la douleur est en relation avec la défécation (soulagement aussi bien qu’aggravation). »

Le SII constitue l’une des principales causes de consultation chez les médecins généralistes et de loin le premier motif chez les spécialistes en gastro-entérologie [2]. « En France, nous estimons à 4,7 % l’incidence du SII, autrement dit, 3 millions de patients en souffriraient. On estime par ailleurs que 10 % à 20 % de cette population est susceptible de consulter. » A noter également que les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes.

Une qualité de vie dégradée

Les symptômes du SII imposent aux patients un véritable calvaire au quotidien. « Toutes les études montrent très clairement que ce syndrome impacte la vie sociale, professionnelle et intime, de manière très significative. A titre de comparaison, l’altération de la qualité de vie est à peu près équivalente à celle mesurée pour la grippe. C’est comme si vous aviez les symptômes de la grippe 10 fois dans l’année, cela devient insupportable et extrêmement fatiguant ».

Le microbiote en cause ?

Les causes exactes du SII restent encore obscures. « Cependant un grand nombre d’études évoque la piste du microbiote », affirme le Pr Dapoigny. « Il a été démontré que la composition du microbiote intestinal était différente entre les patients souffrant de cette pathologie et les personnes ne présentant pas ce syndrome ».

C’est pourquoi les scientifiques se sont intéressés aux probiotiques. « Certes, il y en a beaucoup et tous ne sont pas forcément bien évalués. Cependant quelques-uns dont la souche Bifidobacterium infantis 35624®*, ont montré un réel intérêt dans cette pathologie en diminuant les principaux symptômes de la maladie [3]. »

Une hygiène de vie particulière

Selon le Pr Michel Dapoigny, les patients doivent par ailleurs veiller à diminuer leur consommation de certains aliments susceptibles d’intensifier les douleurs abdominales. « Il s’agit le plus souvent de produits non ou mal absorbés par l’intestin grêle et qui vont produire des gaz dans le gros intestin (on les appelle FODMAPs). Ils se retrouvent volontiers dans les petits pois, betteraves, haricots en grains, rutabagas, salsifis, oignons, etc. et encore dans beaucoup d’aliments allégés, contenant par exemple du sorbitol, comme les chewing-gums, bonbons et plats allégés ».

Il recommande ainsi « de mettre en place un régime strict pendant quelques semaines, puis de réintroduire petit à petit les aliments afin d’évaluer le niveau de tolérance de chaque patient ». Et de manière générale, il sera nécessaire de faire un point sur l’alimentation afin de diminuer l’impact de ce syndrome sur la qualité de vie.

© Agence Destination Santé

[1Interview du Pr Michel Dapoigny, 6 novembre 2017

[2Duboc H, et al. Irritable bowel syndrome : New pathophysiological hypotheses and practical issues. Rev Med Interne 2016 ; 37 :536-43.

[3Whorwell PJ, Altringer L, Morel J et al. Efficacy of encapsulated probiotic Bifidobacterium infantis 35624 in women with irritable bowel syndrome. Am J Gastroenterol. 2006 ; 101 :1580-90

* En France, la souche Bifidobacterium infantis 35624® est commercialisée par le laboratoire Biocodex sous le nom d’ALFLOREX