Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Destination santé
9 juillet 2008

L’un des principaux dangers de la chirurgie orthopédique lourde (comme la pose d’une prothèse totale de genou, de hanche ou la fracture), c’est le développement d’une thrombose veineuse (caillot dans une veine). Sans traitement préventif de plusieurs semaines après l’opération, plus de la moitié des patients y sont exposés. Pas étonnant donc que ces “thromboembolies veineuses” soient extrêmement fréquentes. Elles concernent plus de 6,5 millions de personnes dans le monde chaque année.
Or, elles s’accompagnent trop souvent de complications graves. « Si le caillot sanguin qui s’est formé n’adhère pas aux parois de la veine », explique le Pr Ludovic Drouet, « il peut être emporté par le courant sanguin. S’il est de taille relativement importante, il y a risque d’embolie pulmonaire », souligne ce chef de service d’Immunologie-hématologie à l’hôpital Lariboisière de Paris. Près du quart des embolies pulmonaires sont rapidement mortelles dans les deux heures suivant les premiers symptômes. Et au total, en Europe, plus de 544.000 décès sont provoqués chaque année par des “thromboembolies veineuses”.
Chirurgien orthopédique au CHU de Caen, le Pr Claude Vielpeau souligne pour sa part que « la chirurgie est une déclaration de guerre pour l’organisme, avec des dégâts collatéraux qui sont l’infection et la thrombose ». Aujourd’hui, les professionnels disposent de différents traitements anticoagulants couramment utilisés pour prévenir ou traiter l’apparition de ces thromboses. « Ce sont des traitements préventifs à base d’héparine qui ont pour inconvénient de devoir être injectés ». Sans oublier que l’héparine est une substance produite à partir de supports biologiques, la muqueuse intestinale de porc. Le marché mondial de l’héparine, dont la Chine est le premier producteur mondial, nécessite environ 1 milliard de porcs par an. Cette source d’approvisionnement parfois tendue explique en partie l’origine de la contamination de certaines héparines et le retrait de certains lots du marché.
La recherche scientifique s’est efforcée depuis plusieurs années de trouver des alternatives à ces traitements injectables et parfois insuffisamment efficaces. Elle est en passe de réussir dans les prochains mois. Deux produits de synthèse sont en fin de développement. Ils ont un seul point commun, ils s’administrent par voie orale. Il n’est donc pas surprenant qu’au 9ème congrès de l’EFORT (Fédération européenne des Chirurgiens Orthopédiques), à Nice, les participants aient fait montre d’impatience dans l’attente notamment de ces produits innovants. Affaire à suivre...
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