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Destination santé
30 janvier 2010

Eh oui, le cerveau lui aussi peut “faire un infarctus”… Car il existe deux formes d’accidents vasculaires cérébraux (AVC) : l’AVC hémorragique et l’infarctus cérébral. Le Dr France Woimant, Vice-présidente de l’association France-AVC et neurologue à l’Unité neurovasculaire de l’Hôpital Lariboisière à Paris, insiste beaucoup sur l’importance du terme « infarctus cérébral ».
« Pour les patients, c’est lui qu’il faut utiliser. Il est beaucoup plus compréhensible que celui d’accident vasculaire cérébral ischémique. En fait, c’est comme l’infarctus du myocarde, à la différence que c’est une artère du cerveau qui se bouche. Quant à l’hémorragie cérébrale, c’est une artère qui se rompt ».
L’infarctus cérébral représente 80% du nombre total d’AVC, contre 20% pour les hémorragies. « Il est absolument capital de savoir si l’on a à faire à un infarctus ou une hémorragie », souligne France Woimant. « Le traitement initial est en effet complètement différent. En cas d’infarctus, il faut donner un traitement qui va détruire le caillot qui bouche l’artère ». C’est ce que les spécialistes appellent un thrombolytique. « Mais ce traitement doit impérativement être administré dans les 4 heures et demi suivant l’AVC. Et il sera d’autant plus efficace qu’il sera utilisé tôt ».
Quels sont les signes d’alerte ? « Pour les deux types d’AVC, ils sont à peu près similaires : survenue très brutale d’une faiblesse dans une partie du corps, troubles de la parole et de la vision, ainsi que parfois des maux de tête ». Le réflexe, c’est d’appeler en urgence le 15. « Il ne faut surtout pas attendre », insiste notre spécialiste.
Concrètement, que se passe-t-il au cours d’un infarctus cérébral ? « Une artère du cerveau s’obstrue et toute une partie des cellules cérébrales n’est plus irriguée, donc en manque d’oxygène. De ce fait, les cellules ne sont plus fonctionnelles. Pendant un certains laps de temps, elles vont survivre, un peu comme si elles étaient endormies. Si nous parvenons à rétablir le flux sanguin assez vite, elles vont se réveiller ». Résultat, le patient pourra récupérer. A l’inverse, « si vous les laissez endormies trop longtemps, elles se nécrosent et la même récupération n’est plus possible ».
Les facteurs de risque sont connus : l’hypertension artérielle, la fibrillation auriculaire mais aussi le diabète, l’excès de cholestérol, le tabagisme et la sédentarité. Chaque année en France, 130.000 personnes sont frappées par un AVC. Parmi elles, 40.000 décèderont et 30.000 resteront lourdement handicapées. Vous voulez en savoir davantage sur les AVC ? Rendez-vous sur le site de l’association France AVC : www.franceavc.com.
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