Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Destination santé
18 avril 2013

Nicotine, goudrons, monoxyde de carbone… Fumer pendant la grossesse nuit à votre santé, bien sûr, mais surtout à celle de votre enfant. Pourtant, une Française sur quatre, lorsqu’elle est enceinte, s’obstine à en griller une régulièrement, jusqu’au terme. La moitié même fume jusqu’à 10 cigarettes par jour ! Visiblement, un petit point sur les raisons d’arrêter s’impose.
Lorsque vous aspirez la fumée d’une cigarette, vous inhalez plus de 4.000 substances chimiques, dont plus de 60 sont classées cancérigènes par le Centre international de Recherche contre le Cancer (CIRC). Des poisons au nombre desquels figurent la naphtaline, l’arsenic, l’acétone, le cadmium et naturellement le monoxyde de carbone (CO). Si vous êtes enceinte, ce pot-pourri empoisonne le fœtus. Mais ce n’est pas tout : il est exposé à un taux de 2 à 2,4 fois plus élevé de ces toxiques que vous-même. « Le fœtus n’a pas encore les défenses suffisantes pour dégrader les substances ingérées — comme le font les organismes adultes », explique le Dr Philippe Arvers, addictologue à Grenoble.
Des risques accrus
Or, « 35% des Françaises fument au début de leur grossesse », note-t-il. Plus grave , « elles sont encore 25% à fumer jusqu’à l’accouchement ». Des chiffres alarmants, étant données les conséquences graves du tabagisme sur l’enfant à naître. « Au cours de la grossesse, le risque d’avortement spontané, de placenta prævia et d’accouchement prématuré est nettement augmenté », poursuit le Dr Arvers.
« Le pouvoir de fixation du monoxyde de carbone est au moins 200 fois supérieur à celui de l’oxygène. Par conséquent, les globules rouges véhiculent plus de CO que d’oxygène dans l’organisme du fœtus. Il se trouve alors en hypoxie », explique-t-il. Les conséquences sur sa santé en sont multiples. « Plus la mère fume, plus le poids de naissance de l’enfant sera réduit. Son développement psychomoteur et staturo-pondéral comme sa fonction pulmonaire en seront affectés ». Ces petits seront également plus souvent sujets à des infections ORL, à des cancers infantiles et à la mort subite du nourrisson.
Le sevrage est vital
Peur de grossir, d’être stressées… certaines femmes ne sont tout simplement pas convaincues des bienfaits de l’arrêt du tabac pendant la grossesse. « C’est pourtant quand on arrête de fumer que le niveau d’anxiété baisse », assure le Dr Arvers, qui suit de nombreuses femmes enceintes dans leur sevrage . « Nous proposons des alternatives comme des exercices de relaxation, de sophrologie ».
Les substituts nicotiniques sont privilégiés au cours des 2 premiers tiers de la grossesse. Place ensuite à la psychothérapie cognitive et comportementale. « De toute manière, la nicotine des patches et autres gommes à mâcher sera moins néfaste que la fumée du tabac », insiste-t-il. Sachez en outre que la prise en charge de ces substituts est multipliée par trois en cas de grossesse. Ainsi, l’Assurance-maladie rembourse-t-elle 150 euros (soit environ l’équivalent de 3 mois de substituts nicotiniques), au lieu de 50 euros en temps normal.
©Agence de Presse Destination Santé-2013
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