Santé vie pratique

XVIème Conférence internationale sur le SIDA

Témoignages.re / 21 août 2006

Du 13 au 18 août 2006 a eu lieu à Toronto au Canada le XVI° Congrès International sur le Sida. Tous les deux ans, l’International AIDS Society organise le plus important congrès sur le SIDA au monde. Il s’agit d’un forum international ouvert et indépendant au cours duquel s’échangent des idées, des connaissances et les progrès réalisés dans la recherche sur le SIDA, dans le but de renforcer le travail dans ce domaine.

Quelque 20 000 représentants du monde scientifique, des domaines les plus divers de la santé, de la société civile, des gouvernements, des programmes des Nations Unies, des groupes militants et groupes d’entraide, des sponsors, de l’industrie, des médias et des personnes atteintes du VIH/SIDA ont participé à ce congrès.


Les chiffres du SIDA

La pandémie de SIDA, qui a causé la mort de 25 millions de personnes en presque 25 ans, ne cesse de progresser et des millions de personnes sont toujours privées de soins vitaux et adaptés.

Près de 40 millions de personnes vivent aujourd’hui avec le SIDA dans le monde. Près de 6,5 millions de malades ont besoin de bénéficier de tri-thérapies pour avoir une chance de survivre. Mais seul un nombre limité d’entre eux ont accès à ces médicaments : plus de 80% des malades du SIDA sont condamnés à mourir sans soins.


Selon l’OMS, il faut intensifier les efforts pour éviter 250.000 décès annuels par tuberculose chez les personnes vivant avec le SIDA.

Les interventions dirigées à la fois contre la tuberculose et le VIH peuvent sauver des vies et doivent être accélérées.

Les principaux experts du VIH ont lancé mercredi dernier un appel à la communauté mondiale concernée par le virus en vue d’intensifier la collaboration sur la lutte contre la tuberculose pour éviter la mort d’un quart de millions de personnes vivant avec le VIH chaque année.

Pour le Dr Kevin De Cock, Directeur chargé du VIH à l’OMS, "Les services de prévention, de diagnostic et de traitement de la tuberculose doivent devenir des aspects fondamentaux de tous les services VIH. Les personnes vivant avec le VIH sont plus exposées à la tuberculose même lorsqu’elles sont sous traitement anti-rétroviral. La tuberculose peut être traitée et guérie et la plupart de ces décès sont donc parfaitement évitables. Les responsables de la politique VIH, les ministres de la santé et les soignants ont tous un rôle vital à jouer pour réduire le nombre des décès par tuberculose".

Combattre la tuberculose et le VIH peut sauver des vies

Le Dr Helene Gayle, Président de l’International AIDS Society, a quant à elle fait observer que "Les interventions dirigées à la fois contre la tuberculose et le VIH peuvent sauver des vies et les efforts doivent être accélérés. Plus d’un tiers des personnes infectées par le VIH le sont aussi par le bacille tuberculeux qui provoque chaque année le décès d’un quart de million de personnes vivant avec le VIH."

L’appel lancé hier se fondait sur les premières conclusions d’une étude effectuée au Brésil montrant que la tuberculose peut être évitée chez les personnes vivant avec le VIH.

Privilégier les recherches sur de nouveaux médicaments

Pour le Dr Richard Chaisson, chercheur principal, "cette importante étude démontre qu’un traitement préventif permet de réduire le nombre de cas de tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH même lorsqu’elles reçoivent déjà des antirétroviraux". Pour lui, il faut d’urgence privilégier les recherches sur de nouveaux médicaments, diagnostics et vaccins qui conviennent aux personnes vivant avec le VIH, ainsi que des études opérationnelles et des modèles efficaces permettant de dispenser les services à ceux qui en ont besoin.

De son côté, le Dr Paul Nunn du Département Halte à la tuberculose de l’OMS a déclaré : "Nous disposons des connaissances essentielles et des orientations politiques nécessaires pour lutter contre la tuberculose chez les personnes vivant avec le VIH et des progrès ont été réalisés. Mais ces progrès ont été lents comparativement à l’ampleur du problème."

La mise en garde de Nelson Mandela

"Dans les pays touchés à la fois par la tuberculose et le VIH, les interventions doivent être rapidement renforcées et appliquées sur la base d’une collaboration efficace entre les programmes VIH et tuberculose et les services de santé généraux. Il y a deux ans, Nelson Mandela avait bien souligné qu’il était impossible de combattre le SIDA sans un sérieux renforcement des efforts contre la tuberculose."

"Or cette mise en garde de Nelson Mandela sur le VIH et la tuberculose n’a pas encore conduit à une action à grande échelle. Les effets des engagements pris lors des sommets du G8, de l’ONU et de l’Union africaine doivent être ressentis dans les communautés les plus touchées par la double épidémie, notamment en Afrique où les décès par tuberculose liés au VIH sont les plus nombreux. Pour cela, un financement durable jouera un rôle déterminant."

Ajoutant sa voix à cet appel, Lucy Chesire du Kenya, une figure de proue de la lutte contre la tuberculose et le VIH, a exhorté les personnes infectées par le VIH à inciter leur gouvernement à investir davantage en faveur de la lutte antituberculeuse pour que des activités dirigées à la fois contre la tuberculose et le VIH soient mises en œuvre et considérées comme prioritaires.

La tuberculose au deuxième rang mondial des maladies mortelles

Au niveau mondial, la tuberculose vient au deuxième rang après le VIH pour ce qui est du nombre de décès par maladie infectieuse chez l’adulte ; on compte chaque année près de neuf millions de cas de tuberculose évolutive et deux millions de décès. Dans les pays à forte prévalence de tuberculose, les programmes VIH doivent renforcer la prévention, le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Ces mesures et d’autres sont recommandées dans la politique de l’OMS sur les activités dirigées à la fois contre la tuberculose et le VIH.

Les principaux engagements de haut niveau concernant la tuberculose et le VIH ont été pris récemment par le Sommet du G8 en juillet 2006 où les dirigeants mondiaux ont appuyé la promotion des activités dirigées contre la tuberculose et le VIH, par la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le SIDA en juin 2006 qui a souligné la nécessité d’accélérer le renforcement des activités contre les deux problèmes et lors de la réunion des chefs d’Etat africains en 2005 au Nigeria qui a invité tous les dirigeants africains à intensifier leurs efforts contre la tuberculose.

(Source OMS)