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Des chiffres stables mais qui montrent que les efforts ne sont pas suffisants"
4 septembre 2023, par

"Le nombre de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint en France en 2022 est quasi stable par rapport à l’année précédente avec 118 féminicides recensés, soit quatre de moins qu’en 2021, selon un bilan publié le 2 septembre par le ministère de l’Intérieur.
118 femmes ont été tuées en 2022 en France par leur conjoint ou leur ex-conjoint, soit quatre de moins par rapport à 2021, selon le bilan des "morts violentes au sein du couple" du ministère.
"Les chiffres stables montrent que les efforts ne sont pas suffisants pour prévenir les violences et protéger les femmes victimes. Il faut en faire une priorité, comme ce fut le cas en 2020", a déclaré à l’AFP Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes.
"Lorsque nous prenons connaissance des derniers chiffres sur les morts violentes au sein d’un couple, nous ne pouvons qu’en souligner la gravité. Nous soulignons une légère baisse car chaque vie compte. Toutefois, l’engagement au sein du Gouvernement reste entier pour lutter contre les violences conjugales", a indiqué la ministre chargée de l’Égalité Femmes-Hommes, Bérangère Couillard, dans un communiqué.
L’étude est publiée deux jours après le meurtre à la machette d’une policière en pleine rue dans un village de Savoie. Son ancien mari, interpellé le 1er septembre, a été placé en garde à vue dans l’enquête ouverte pour "assassinat".
La semaine dernière, un homme suspecté d’avoir tué son amante le 26 août dans le Val-de-Marne a été écroué pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Le mis en cause était déjà connu pour des violences conjugales.
En moyenne, une femme est tuée par son conjoint ou ex-conjoint tous les trois jours. Les femmes représentent 81% du total des victimes de morts violentes au sein du couple en 2022 (145 personnes dont 118 femmes et 27 hommes) contre 85% en 2021, une part stable depuis 2006.
Le nombre de féminicides se situe dans la moyenne de la dernière décennie, marquée par un pic en 2019 (146 féminicides) suivie d’un point bas en 2020 (102), dans le contexte de la pandémie de Covid-19.
L’étude note en revanche une forte hausse des tentatives d’homicides au sein du couple (+45%), avec 366 faits (dont 267 victimes féminines) contre 251 en 2021.
"Le profil type de l’auteur n’a pas changé. Il est majoritairement masculin (84%), le plus souvent en couple, de nationalité française, âgé de 30 à 49 ans et n’exerçant pas ou plus d’activité professionnelle", résume le ministère de l’Intérieur.
Les femmes victimes (81%) sont le plus souvent de nationalité française, âgées de 30 à 49 ans et sans emploi.
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