Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Tribune Missions Locales
9 avril 2025, par

À l’heure où l’égalité des chances est brandie comme un pilier républicain, des milliers de jeunes Réunionnais sont privés d’un droit fondamental : celui d’être accompagnés dans la construction de leur avenir.
Faute de moyens, ce sont 6 500 jeunes qui ne pourront plus bénéficier de l’appui d’un conseiller de Mission Locale. Des jeunes sans emploi, sans diplôme, sans solution. Des jeunes que l’on abandonne sans mot dire.
Ce chiffre n’est pas une vue de l’esprit. Il découle d’une réalité concrète et brutale : la suppression de 26 postes de conseillers en 2025 dans les Missions Locales de l’île.
Cette coupe intervient alors que les besoins explosent : taux de pauvreté record, chômage des jeunes à plus de 32 %, et précarité structurelle. La situation n’est pas nouvelle, mais elle s’aggrave.
La fin des crédits dédiés à l’innovation sociale, comme ceux de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté ou du programme 100 % inclusion, a mis un coup d’arrêt à 15 000 solutions d’accompagnement. Et aucun dispositif n’est venu prendre le relais. Dans un territoire où l’accompagnement de proximité fait la différence, ce retrait n’est rien de moins qu’une rupture d’égalité.
Derrière chaque poste supprimé, ce sont des parcours qui s’effondrent : un contrat d’apprentissage qui n’aboutit pas, une formation non entamée, une immersion annulée, une orientation manquée. Et derrière chaque jeune désorienté, ce sont des familles entières qui s’inquiètent, des quartiers qui se fragilisent, des territoires qui s’enlisent.
La Cour des comptes l’a elle-même souligné dans son rapport 2025 : les Missions Locales assurent un rôle essentiel, bien au-delà de la seule insertion professionnelle. Mais faute de financements cohérents, elles sont sommées de faire plus, avec moins. Et ce sont les territoires ultramarins, une fois encore, qui paient le prix fort.
À La Réunion, l’éloignement géographique s’ajoute à l’éloignement social.
Ce n’est pas seulement une question de moyens, c’est une question de justice.
On ne peut pas, d’un côté, parler de République sociale, et de l’autre, retirer à une partie de sa jeunesse le droit d’être accompagnée, formée, considérée.
Nous appelons chaque citoyen·ne, chaque acteur·rice engagé·e pour la jeunesse et la justice sociale, à nous rejoindre. Signez notre Manifeste pour la sauvegarde de l’accompagnement des jeunes à La Réunion et faites entendre votre voix auprès des décideurs publics.
Par Jacques Lowinsky, Président de la Commission Outre-mer et Bernard VON-PINE, Président de l’Association Régionale des Missions Locales.
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