Droits humains

Autosuffisance alimentaire de La Réunion : une urgence vitale

La faim pourrait tuer 12 000 personnes par jour à la fin de l’année

Jean / 13 juillet 2020

 « On produit suffisamment pour nourrir environ 12 milliards d’habitants. Le vrai problème c’est l’accès physique ou monétaire à l’alimentation », Ces quelques lignes nous concernent directement. Depuis des décennies, nous ne cessons de souligner l’urgence de l’autosuffisance alimentaire.

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Notre île, durant la 2e guerre mondiale, a été soumise au blocus. Il reste encore assez de personnes ayant connu — enfants — les affres du manque d’aliments, pour nous inciter à tirer les leçons du passé.
Comment peut-on se prétendre responsables de La Réunion en persistant dans l’attitude frivole consistant à répéter tel un mantra : « Paris saura toujours nous secourir » ?

Le précédent de la pénurie de masques

L’épisode des masques ne nous aurait-il donc pas servi de leçon ? Faisant preuve d’une imprévoyance au moins aussi forte que la nôtre, Paris manquait de masques au point qu’il était impossible d’en équiper les personnels soignants.
Aux personnels soignants de La Réunion, les autorités ont fait distribuer des masques moisis. Et tels des enfants, n’ont trouvé — pour justifier leur désinvolture — comme seule “explication” le très commode « c’est pas moi c’est l’autre" !
Confrontés à cette pénurie, avons-nous vu Paris se démener aussitôt pour nous approvisionner en masques ?
Quelques avions auraient pu nous faire rapidement parvenir des masques en nombre suffisant pour protéger tous les soignants et toutes les personnes à risques. Les avons-nous vus, ces quelques avions cargo voler au secours des Réunionnais ? Du tout ! Paris, pris au piège de sa propre imprévoyance, a priorisé la France continentale pour y distribuer les maigres ressources en masques, surblouses, charlottes, etc, dont elle disposait.
Et pourtant Paris nous exhortait à tenir, à combattre âprement le virus alors que nous nous trouvions désarmés du fait de sa désinvolture.

Risque d’une explosion virale

Et, après ce que nous avons vécu, après ce que nous voyons de leur folle conception face au dépistage : se fait dépister qui veut — par respect des libertés individuelles — ce qui, dans les faits se traduit par : La Réunion souhaite la bienvenue aux personnes irresponsables qui refusent de se faire tester et qui se moquent de mettre ainsi en danger la sécurité sanitaire de 850 000 personnes.
Samedi soir, France 2 a montré que la pandémie arrive par les aéroports. À La Réunion, le gouvernement, la préfecture, la région et le département laissent faire. Prétexte ? À La Réunion, le virus circule faiblement.
Cette absurdité se déroule sous nos yeux et nous fait courir le risque d’une explosion virale au moment même où la France s’alarme de la survenue de foyers infectieux en Mayenne.

Paris toujours là pour alimenter La Réunion ?

Quel témoin de la désinvolture gouvernementale serait encore assez naïf pour croire que, en cas de pénurie alimentaire générale, Paris mobiliserait tous ses moyens pour que La Réunion reçoive — jour après jour — les tonnes quotidiennes d’aliments nécessaires pour fournir, 3 repas par jour, à 850 000 personnes ?
Ce seul énoncé devrait voir aussitôt se mobiliser toutes les forces vives pour faire de l’autosuffisance alimentaire la priorité des priorités.
Le temps presse : le réchauffement climatique exige le concours de tous afin d’élaborer une politique d’approvisionnement en eau radicalement différente. La fin de la stérilisation des soles agricoles du fait d’une bétonisation à outrance. La remise en cause totale des spéculations agricoles qui nous mènent, nous et nos agriculteurs droit dans le mur. Le récent épisode du mépris affiché par Téréos à l’encontre des planteurs de cannes devrait nous ouvrir les yeux au moment même où la surproduction de sucre de canne en Inde laisse prévoir une très importante baisse du prix d’achat du sucre.
La responsabilité des élu.e.s — à quelque niveau que ce soit — est immense. Il est plus que temps de décider à La Réunion, pour La Réunion, ce qui doit nous permettre de mettre toute la population à l’abri d’une pénurie qui menace.
Pour nourrir ses enfants et se nourrir, l’humain est capable de grandes choses. Mais si la nourriture, devenue rare, est manifestement mal partagée l’Histoire nous montre qu’aucune société, aussi policée soit-elle, ne peut échapper à l’effondrement.

Jean



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  • Encourager les jeunes en âge de travailler, de retourner à la terre, au lieu de flémarder devant la tv, des jeux qui dans le font manipulent font perdre du temps, rendent pas vraiment altruiste, c’est trop triste, c’est facile pour trouver des exemples. Bref, après réflexion, on peut se lancer, demander de l’aide, essayer des solutions, et puis, de cultiver, permet de créer du lien social,mieux que les fameux réseaux du même adjectif. Sans oublier la dignité retrouvée, le plaisir de manger bio, de récolter le fruit de son travail, de partager de bons plats, fruits, épices que tous les grands chefs cuistots recherchent et sont prèts à y mettre le prix, celui de la qualité gustative, en lieu et place à ce que l’on trouve au supermarché, ou comble de la bétise, on trouve, quand ils existent de légumes bio mais enveloppés dans des films plastiques qui vont finalement polluer encore un peu plus la planète. Réagissons, lançons-nous, montrons l’exemple, là encore, il faudrait changer de paradigme pour un avenir plus sain, plus beau tout simplement, Arthur qui tousse en vélo dans les bouchons aux moteurs diésels qui crachent des microparticules cancèrigènes, beurk ! Atchoum !

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