Une alimentation saine reste hors de portée de milliards de personnes

645 millions de personnes confrontées à la faim en 2025

22 juillet, par Manuel Marchal

Selon l’édition 2026 du rapport L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, en 2025, 645 millions de personnes ont souffert de la faim dans le monde. Si la situation s’améliore lentement, l’objectif « Faim Zéro » fixé par l’ONU pour 2030 risque de ne pas être atteint. 2,7 milliards d’êtres humains n’ont pas les moyens de s’offrir une alimentation saine. Le nouveau rapport des Nations unies appelle à de profonds changements.

La faim recule progressivement dans le monde, mais beaucoup trop lentement pour permettre d’atteindre les Objectifs de développement durable d’ici à 2030. Selon l’édition 2026 du rapport L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, environ 645 millions de personnes étaient confrontées à la faim en 2025.

La vie chère principal obstacle

Au-delà de la quantité de nourriture disponible, le rapport souligne un défi majeur : l’accès à une alimentation équilibrée. Manger à sa faim ne signifie pas nécessairement manger sainement. Or, 2,7 milliards de personnes ne disposent pas des revenus nécessaires pour acheter des aliments variés, sûrs et nutritifs. Cette situation est particulièrement préoccupante dans notre continent, en Afrique, où la crise alimentaire continue de s’aggraver.
Les experts montrent que le principal obstacle réside dans le coût élevé des aliments les plus riches en nutriments. Les produits d’origine animale, les fruits et les légumes représentent à eux seuls près de 70 % du coût d’une alimentation saine. Pour les pauvres, classe la plus nombreuse à La Réunion, ces produits deviennent inaccessibles, conduisant à des régimes alimentaires déséquilibrés. Ceci favorise les carences et les maladies liées à une mauvaise alimentation.

Le gaspillage fait monter les prix

Le rapport de l’ONU identifie plusieurs causes structurelles. Les écarts de productivité agricole entre les régions, les difficultés de transport, le manque d’infrastructures de conservation, ainsi que les pertes et le gaspillage alimentaires contribuent à maintenir des prix élevés. Dans de nombreux pays, l’absence de chaînes du froid performantes entraîne la détérioration d’une partie importante des récoltes avant même leur arrivée sur les marchés.
Face à ce constat, les Nations unies appellent les gouvernements à dépasser les réponses d’urgence pour engager des réformes de fond. Elles préconisent notamment de réorienter une partie des aides agricoles vers les productions maraîchères et fruitières, d’investir dans les infrastructures de stockage, de transport et de réfrigération, ainsi que de renforcer l’efficacité des filières alimentaires.

M.M.

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