La faim en baisse dans le monde, mais progresse en Afrique et en Asie occidentale : l’ONU tire la sonnette d’alarme

673 millions de personnes ont souffert de la faim en 2024

5 août 2025

La faim a légèrement reculé en 2024, touchant 8,2 % de la population, soit 673 millions de personnes. Toutefois, elle progresse en Afrique, notre continent et en Asie occidentale. L’inflation dans les prix des produits alimentaires freine les progrès, surtout dans les pays pauvres. Malgré des avancées en nutrition infantile et dans certaines régions, les inégalités persistent. L’ONU appelle à des mesures urgentes et ciblées pour atteindre l’objectif « Faim zéro » d’ici 2030.

La proportion de personnes souffrant de la faim dans le monde a diminué en 2024, selon le rapport « L’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde (SOFI 2025) », publié ce 4 août 2025 à l’occasion du Sommet d’évaluation des systèmes alimentaires des Nations Unies à Addis-Abeba. Malgré cette tendance encourageante à l’échelle mondiale, les progrès restent inégalement répartis. L’Afrique et l’Asie occidentale enregistrent une aggravation préoccupante de l’insécurité alimentaire.

amélioration fragile à l’échelle mondiale

D’après le rapport conjoint de cinq agences onusiennes (FAO, FIDA, UNICEF, PAM, OMS), environ 673 millions de personnes — soit 8,2 % de la population mondiale — ont souffert de la faim en 2024, contre 8,5 % en 2023. Cette baisse, qui représente 15 millions de personnes en moins en un an, s’inscrit dans une tendance modérément positive depuis le pic post-pandémie de 2022.
Des progrès notables ont été enregistrés en Asie du Sud et en Amérique latine, où la prévalence de la sous-alimentation a diminué respectivement à 6,7 % (323 millions de personnes) et 5,1 % (34 millions). Mais cette amélioration reste fragile, en grande partie freinée par l’inflation alimentaire persistante et les chocs économiques récents.

L’Afrique et l’Asie occidentale dans la tourmente

Le tableau est beaucoup plus sombre en Afrique, où plus de 20 % de la population était confrontée à la faim en 2024 — soit environ 307 millions de personnes. En Asie occidentale, 12,7 % de la population, soit plus de 39 millions, étaient touchés.
Selon les projections, 512 millions de personnes pourraient souffrir de sous-alimentation chronique d’ici 2030, dont près de 60 % en Afrique. Un constat alarmant qui compromet gravement la réalisation de l’Objectif de développement durable n°2 : Éliminer la faim.
Inflation alimentaire : un frein au redressement
Entre 2021 et 2023, les prix alimentaires mondiaux ont fortement augmenté, stimulés par la pandémie de COVID-19, la guerre en Ukraine et les événements climatiques extrêmes. En janvier 2023, l’inflation alimentaire atteignait 13,6 %, bien au-dessus de l’inflation générale.
Les pays à faible revenu ont été particulièrement touchés : l’inflation alimentaire y a culminé à 30 % en mai 2023. Cette pression sur les prix a aggravé les inégalités, notamment dans l’accès à une alimentation saine.
En effet, même si le nombre de personnes incapables de s’offrir un régime alimentaire sain a diminué globalement — passant de 2,76 milliards en 2019 à 2,60 milliards en 2024 — cette baisse ne concerne pas les pays les plus vulnérables. Dans les pays à faible revenu, ce nombre est passé de 464 millions à 545 millions.
Nutrition : des progrès mais des défis persistants
Le rapport SOFI 2025 fournit également des données actualisées sur la nutrition :
—  Le retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans a baissé à 23,2 % en 2024, contre 26,4 % en 2012.
—  L’allaitement exclusif a connu une nette amélioration, passant de 37,0 % en 2012 à 47,8 % en 2023.
—  Toutefois, l’obésité adulte continue de progresser (de 12,1 % en 2012 à 15,8 % en 2022), et l’anémie chez les femmes en âge de procréer a augmenté à 30,7 % en 2023.

Appels à l’action du système des Nations-Unies

QU Dongyu, directeur général de la FAO, salue les progrès mais insiste sur leur inégalité géographique. Il appelle à des efforts accrus pour garantir un accès universel à une alimentation adéquate.
Alvaro Lario, président du FIDA, plaide pour des investissements massifs dans l’agriculture rurale, tandis que Catherine Russell, directrice de l’UNICEF, alerte sur les conséquences dévastatrices de la malnutrition infantile, qui prive des millions d’enfants de leur potentiel.
De son côté, Cindy McCain, directrice exécutive du PAM, lance un cri d’alarme : « Les coupes budgétaires menacent directement des vies. » Elle souligne que des millions de personnes risquent de perdre l’aide alimentaire vitale fournie par son agence.
Enfin, le directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, rappelle que des avancées restent possibles, mais que la lutte contre la faim nécessite une mobilisation urgente pour ne laisser personne de côté.

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