Distribution de repas et de vêtements à des pauvres de Saint-Denis

À Saint-Denis, la solidarité face à une misère qui s’aggrave 80 ans après la fin du statut colonial

3 août, par Manuel Marchal

Samedi à Saint-Denis, 120 repas chauds et des vêtements ont été distribués à des sans-abri par l’association Unir Océan Indien et le CCAS. Un geste indispensable face à l’urgence sociale, mais qui rappelle une réalité plus profonde : 80 ans après la fin du statut colonial, 783 personnes vivent toujours dans la rue dans la capitale de La Réunion. Une situation qui illustre la persistance de la misère et les limites d’un modèle de développement incapable de garantir à tous un logement et un emploi.

Ce samedi, 120 repas chauds et des vêtements ont été distribués à des personnes sans domicile fixe à Saint-Denis par l’association Unir Océan Indien, avec le soutien du Centre communal d’action sociale (CCAS). Derrière ce geste de solidarité se cache une réalité plus profonde : quatre-vingts ans après la transformation de la colonie de La Réunion en département français, une partie de la population continue de vivre dans des conditions indignes.
L’opération s’est déroulée à la Maison de la Solidarité et de l’Inclusion Sociale, ruelle Turpin. Pour les bénéficiaires, cette aide répond à des besoins immédiats : manger, se couvrir et retrouver, le temps d’un échange, un peu de chaleur humaine.

Selon les chiffres officiels, 783 personnes vivent aujourd’hui sans domicile à Saint-Denis. Ce nombre illustre l’ampleur d’une crise sociale. C’est aussi la conséquence d’un système incapable de garantir à chacun un logement, un emploi et des revenus suffisants pour vivre dignement.

Mohammad Bhagatte, directeur général d’Unir Océan Indien, a rappelé au micro de Réunion La 1ère que ces actions visent avant tout à exprimer la solidarité envers celles et ceux qui traversent des épreuves. « Il est de notre devoir de leur tendre la main », souligne-t-il, rappelant que personne n’est à l’abri d’un basculement dans la précarité.

Installation durable de la pauvreté à La Réunion

Mais si ces initiatives sont indispensables, elles ne peuvent se substituer à une politique de fond. La multiplication des distributions alimentaires témoigne de l’installation durable de la pauvreté. Dans un territoire où le chômage de masse frappe depuis des décennies, où les difficultés d’accès au logement s’aggravent et où les inégalités restent parmi les plus fortes de la République, la solidarité associative pallie les insuffisances d’un système qui abandonne une partie de la population.

Quatre-vingts ans après la fin officielle du statut colonial, voir des centaines de personnes dormir dans les rues de notre capitale rappelle que la promesse d’égalité n’a toujours pas été tenue. La persistance de cette misère constitue l’une des manifestations les plus visibles du sous-développement de La Réunion. Les repas distribués ce samedi rappellent aussi l’urgence de construire un modèle économique et social capable d’offrir à chacun un travail, un logement et des conditions de vie dignes.

M.M.

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