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Après la victoire à l’ONU, le combat pour les réparations de l’esclavage et de la colonisation s’accélère
23 juin, par

Réunis à Accra, des dirigeants africains et leurs partenaires ont adopté une feuille de route mondiale pour la justice réparatrice après le vote historique de l’ONU sur l’esclavage. L’« Engagement d’Accra » prévoit restitution, compensation, réformes institutionnelles, justice climatique, allégement de la dette et retour des biens culturels. Trois instances internationales ont été créées pour porter ce combat en faveur des descendants des victimes de l’esclavage et de la colonisation. Pour la construction d’un monde plus juste, plus égalitaire et débarrassé des héritages du système esclavagiste et colonial.
La lutte pour les réparations liées à l’esclavage, à la colonisation et à l’apartheid vient de franchir une nouvelle étape décisive. Réunis pendant trois jours à Accra, au Ghana, des dirigeants africains, des experts internationaux et des représentants de la diaspora ont adopté une feuille de route destinée à transformer la récente résolution de l’ONU sur l’esclavage en avancées concrètes pour la justice réparatrice.
La conférence de haut niveau, organisée à la suite du vote historique de l’Assemblée générale des Nations Unies reconnaissant la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé comme le plus grave crime contre l’humanité, s’est conclue par l’adoption de l’« Engagement d’Accra pour la justice réparatrice ». Ce document de 46 paragraphes définit les prochaines étapes d’un mouvement mondial qui réclame réparation pour les crimes commis contre l’Afrique et les peuples d’ascendance africaine dont font partie les Réunionnais.
Selon le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, ce plan prévoit des mesures concrètes de restitution, de compensation, de réhabilitation, de réformes institutionnelles et de garanties de non-répétition. Il aborde également des enjeux majeurs tels que la restitution des biens culturels pillés, la réforme de la gouvernance mondiale, l’allégement de la dette, la justice financière, les transferts de technologies, la santé publique, la justice climatique et l’égalité entre les femmes et les hommes.
Pour les participants, les conséquences de l’esclavage et de la colonisation ne relèvent pas du passé. Elles continuent de se traduire par des inégalités raciales, des retards de développement, des injustices économiques et des déséquilibres structurels qui touchent encore aujourd’hui les populations africaines et leurs descendants.
La conférence a également décidé la création de trois nouvelles instances internationales : un Conseil consultatif sur la justice réparatrice, un groupe d’experts chargé de la restitution des biens culturels africains et un panel juridique consacré aux réparations.
Autre avancée importante : le rapprochement des différentes campagnes internationales menées par l’Union africaine, la Communauté caribéenne (CARICOM) et les organisations afro-américaines. Pour l’historien Hilary Beckles, président de la Commission des réparations de la CARICOM, le plan caribéen en dix points fait désormais partie d’une « conscience africaine mondiale ».
En clôture des travaux, le président ghanéen John Dramani Mahama a rappelé que les descendants des victimes de l’esclavage demeurent parmi les populations les plus défavorisées du monde. Selon lui, le combat dépasse la seule question des réparations financières ou du retour des œuvres d’art : il vise la construction d’un monde plus juste, plus égalitaire et débarrassé des héritages du système esclavagiste et colonial.
M.M.
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