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Plus de 100 décrets ont démantelé les droits des femmes
13 août

Cinq ans après le retour des talibans, l’Afghanistan est devenu le seul pays au monde à interdire systématiquement l’enseignement secondaire aux filles et l’université aux femmes. Cette catastrophe est indissociable de l’accord de Doha de 2020, négocié entre Washington et les talibans, qui organisait le retrait américain. En août 2021, les talibans reprenaient Kaboul. Aujourd’hui, plus de 100 décrets ont démantelé les droits des femmes.
Photo ONU Femmes
Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir, ONU Femmes décrit une situation devenue sans équivalent dans le monde. Mais cette catastrophe ne peut être dissociée du processus qui a permis leur retour au pouvoir : l’accord de Doha, conclu en 2020 entre les États-Unis et les talibans, organisait le retrait des troupes américaines et étrangères d’Afghanistan.
Le 29 février 2020, Washington et les talibans signaient au Qatar un accord prévoyant notamment le retrait des forces américaines et étrangères. Le gouvernement afghan, pourtant directement concerné par l’avenir du pays, n’était pas partie à cet accord. Le Conseil de sécurité de l’ONU l’a ensuite entériné par sa résolution 2513.
Ce processus a ouvert la voie à l’effondrement du pouvoir afghan et à la prise de Kaboul par les talibans en août 2021. Dès juin de cette année-là, l’ONU avertissait que le retrait prévu par l’accord avait provoqué un bouleversement majeur du système politique afghan. Elle appelait à préserver les droits des femmes, alors que les combats s’intensifiaient.
Cinq ans plus tard, le résultat est connu. Plus de 100 décrets ont démantelé les droits des femmes et des filles. Plus de la moitié des Afghanes interrogées par ONU Femmes déclarent ne sortir de chez elles que deux fois par mois ou moins. Sept sur dix jugent leur santé mentale mauvaise ou très mauvaise. Les filles restent exclues de l’enseignement secondaire et les femmes de l’université.
L’Afghanistan est désormais le seul pays au monde où cette interdiction est systématique. Le monde du travail est également fermé aux femmes : seules 7 % d’entre elles occupent un emploi, contre 84 % des hommes.
Cette situation pose une question majeure : les droits des Afghanes ont-ils été sacrifiés au nom d’un accord destiné avant tout à permettre aux États-Unis de sortir d’une guerre perdue ? Les négociations de Doha se sont déroulées sans représentation des femmes afghanes dans les discussions bilatérales entre Washington et les talibans.
Washington a obtenu son retrait militaire. Les talibans ont retrouvé le pouvoir. Et les femmes afghanes ont payé le prix de cet accord. Aujourd’hui, alors que leur exclusion devient une réalité durable, le risque est que le monde s’habitue à l’inacceptable.
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