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12 septembre2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès, témoignage de Houssen Amode
Hommage à Stéphane Hessel
26 mars 2013

Après diverses allocutions prononcées lors de la cérémonie du 15 mars dernier à Saint-Denis en hommage à Stéphane Hessel et publiées la semaine dernière dans ’Témoignages’, nous publions aujourd’hui le texte d’un poème lu par la Docteure Alice Pélerin, au nom des Amis de l’Afrique.
Il s’agit d’un poème de Guy Apollinaire, intitulé ’La jolie rousse’. Cet écrivain, né en 1880 à Rome et mort pour la France en 1918 à Paris, est considéré comme un des plus grands poètes français du début du 20ème siècle. Dans ce poème, écrit à la fin de sa vie, alors qu’il a été grièvement blessé pendant la Première Guerre mondiale, Guy Apollinaire prône notamment la paix, l’amour et la solidarité…
Me voici devant tous un homme plein de sens
Connaissant la vie et de la mort ce qu’un vivant peut connaître
Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l’amour
Ayant su quelquefois imposer ses idées
Connaissant plusieurs langages
Ayant pas mal voyagé
Ayant vu la guerre dans l’Artillerie et l’Infanterie
Blessé à la tête trépané sous le chloroforme
Ayant perdu ses meilleurs amis dans l’effroyable lutte
Je sais d’ancien et de nouveau
Autant qu’un homme seul pourrait des deux savoir
Et sans m’inquiéter aujourd’hui de cette guerre
Entre nous et pour nous mes amis
Je juge cette longue querelle de la tradition et de l’invention
De l’Ordre de l’Aventure
Vous dont la bouche est faite à l’image de celle de Dieu Bouche qui est l’ordre même
Soyez indulgents quand vous nous comparez
À ceux qui furent la perfection de l’ordre
Nous qui quêtons partout l’aventure
Nous ne sommes pas vos ennemis
Nous voulons nous donner de vastes et d’étranges domaines
Où le mystère en fleurs s’offre à qui veut le cueillir
Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues
Mille phantasmes impondérables
Auxquels il faut donner de la réalité
Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait
Il y a aussi le temps qu’on peut chasser ou faire revenir
Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières
De l’illimité et de l’avenir
Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés
Voici que vient l’été la saison violente
Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps
O Soleil c’est le temps de la raison ardente
Et j’attends
Pour la suivre toujours la forme noble et douce
Qu’elle prend afin que je l’aime seulement
Elle vient et m’attire ainsi qu’un fer l’aimant
Elle a l’aspect charmant
D’une adorable rousse
Ses cheveux sont d’or on dirait
Un bel éclair qui durerait
Ou ces flammes qui se pavanent
Dans les roses-thé qui se fanent
Mais riez de moi
Hommes de partout surtout gens d’ici
Car il y a tant de choses que je n’ose vous dire
Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire
2016-2026 : 10e anniversaire de la disparition de Paul Vergès, témoignage de Houssen Amode
Mézami opliss i sava, opliss léssanss lé shèr, opliss kréol lé dann malizé. Pa par raporte li mèm, mé par raporte in gran péi konm l’Amérik apré (…)
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