Droits humains

Ban Ki-moon : le « racisme persiste toujours »

Risham Badroudine / 21 avril 2009

La Conférence de l’ONU sur le racisme, dite de "Durban II", s’est ouverte ce week-end à Genève dans un climat alourdi par la défection de plusieurs pays occidentaux.

Les Etats-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Israël, le Canada et la Pologne ont annoncé qu’ils ne participeraient pas à la conférence, qui doit assurer le suivi de celle de Durban, en 2001, en Afrique du Sud.
Ces pays occidentaux butent sur le projet de déclaration finale (élaboré par les diplomates, qui semblaient pourtant avoir obtenu un consensus), s’inquiétant d’atteintes à la liberté d’expression.
Pourtant, le document, entériné vendredi par le comité préparatoire de la conférence, ne fait plus mention d’Israël tandis que le paragraphe sur la mémoire de l’Holocauste a été maintenu.
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, s’est dit « profondément déçu » lundi de l’absence de certains pays à la Conférence sur le racisme dite de "Durban II" qui a démarré hier à Genève. « J’espère qu’ils ne le resteront pas trop longtemps », ajoute le secrétaire général de l’Onu.
« Le racisme persiste toujours », selon le secrétaire général des Nations Unies.
« Je suis profondément déçu (...). Certaines nations qui, de droit, devraient aider à créer le chemin d’un avenir meilleur ne sont pas là », a expliqué M. Ban, regrettant que le « racisme (persiste) toujours ».
Pour M. Ban, la conférence, qui doit assurer le suivi de celle, de Durban, en 2001, en Afrique du Sud, devait être placée sous le signe d’une « nouvelle ère de multilatéralisme » et se caractériser par « moins de confrontation et plus de dialogue, moins d’idéologie et plus de compréhension mutuelle7.
Car « aucune société n’est immunisée contre le racisme, qu’elle soit riche ou pauvre », a encore déploré le secrétaire général.

Le phénomène peut prendre une forme « institutionnalisée, comme l’Holocauste nous le rappelle constamment ». Mais le racisme peut également se manifester par « l’antisémitisme (...) ou plus récemment l’“Islamophobie”.
Ban Ki-moon estime que le projet de déclaration finale, qui doit être adopté à l’issue de la conférence, vendredi, est « soigneusement équilibré ». Il ajoute que la conférence de Genève est nécessaire pour aborder les tensions qui couvent et menacent de dégénérer en troubles sociaux et en violences.
L’attitude des Etats-Unis est un sérieux coup à la lutte contre le racisme.
La conférence Durban II s’ouvre sur un constat amer. La haute commissaire aux droits de l’Homme, Navy Pillay, s’est dite « choquée et profondément déçue » par l’absence des Etats-Unis. « La défection des Etats-Unis a entraîné celle de certains pays européens. Cela porte un sérieux coup à la lutte contre le racisme au niveau onusien », estime Julie Gromellon de la Fédération Internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).
Elle regrette surtout que sous la pression de leurs opinions publiques, « les Etats qui, comme l’Allemagne, avaient pourtant accepté en 2001 la déclaration finale de Durban, refusent aujourd’hui de prolonger leurs engagements ».

Risham Badroudine


Les grands axes de la conférence des Nations-Unies sur le racisme “Durban II”


- Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale,

- Efforts déployés au niveau mondial pour éliminer totalement le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée et pour assurer la mise en œuvre intégrale et le suivi de la Déclaration et du Programme d’action de Durban,

- Rapport du Conseil des droits de l’Homme sur les préparatifs de la Conférence d’examen de Durban.

R.B