Certaines femmes mahoraises victimes de violences morales

Association Cultures et Traditions des Comores

12 mars 2007

Les mots de conclusion de la Journée de la Femme orchestrée par l’Association Cultures et Traditions des Comores (ACTC), au CASE de La Rivière des Pluies à Sainte-Marie, en ont surpris plus d’un. Alors que jusque-là, tout laissait à penser que la femme mahoraise était bien traitée par des interventions diverses et bien édulcorées, la réalité est toute autre.

Le mariage à tout prix

La vérité certes dérange ! Amina Housseine, Présidente active d’ACTC, la dévoile. Cette journée dédiée à la femme attire nombreuses d’entre elles à Mayotte. Elles osent enfin parler de leurs problèmes. « Dès le plus jeune âge, elles sont conditionnées », regrette-t-elle. L’urgence est de trouver dans les meilleurs délais pour ces filles un mari. Même s’il a plusieurs femmes. L’avis de ces dernières ne compte pas. « Elles font avec ». Elles sont là, bonnes à mettre au monde des enfants.
On prie pour qu’elles aient un homme. Lorsque le vœu est exaucé pour certaines d’entre elles, une vie difficile débute. Constat : la violence physique mais aussi la violence morale sont monnaie courante. Les insultes sont décochées, elles ne répondent pas. Elles ne travaillent pas. Enfin si, elles travaillent à la maison à la préparation des repas aux tâches ménagères. Mais ce qu’elles effectuent là n’est pas du travail !

Le divorce : un moment redouté

Le divorce des femmes est mal vu. Dans pareille situation, elles sont traitées de tous les noms et regardées de travers par les autres femmes. Elles culpabilisent. Elles ont peur que d’autres séduisent leurs maris polygames. Et puis, un homme qui prend soin de sa femme prête aux moqueries. Il est appelé “bonjour madame”. Si bien que dès qu’il arrive à la maison après une journée de travail, il va retrouver ses amis.
Cela a jeté un froid dans la salle.
Masséandre Allaru, Spécialiste des traditions et coutumes culturelles comoriennes, nourrit le débat d’un autre point de vue. D’une manière générale, les Comoriennes participent à la vie électorale et associative. Quelques-unes sous l’influence de leur mari ! Cependant, dans les processus de décision, elles ont du mal à prendre leur place.

Faire tomber les préjugés

Mariées très jeunes, elles ne peuvent entreprendre de longues études universitaires. Combien d’entre-elles sont dans cette situation ? Dans le cas où elles poursuivraient leur formation en France par exemple, la pression est belle et bien présente. Le mariage revient sur le tapis. Les prétendants choisis par les proches ne manquent pas. Elles ne plient pas devant toutes ces intimidations. Du moins, certaines d’entre elles.
L’invitation à cette fête est l’occasion de découvrir d’autres cultures et de rencontrer ces Mahorais, Comoriens et Anjouanais. Le moment de constater que l’on a tout faux sur ces personnes. Les préjugés tombent et les amitiés naissent.

Jean-Fabrice Nativel


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