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4 juin, parNos peines
Conférence à Saint-Pierre de Tran To Nga
7 juin 2016, par

40 ans après la fin de la guerre au Vietnam, le défoliant répandu en masse par l’armée des États-Unis continue de faire des ravages. Tran To Nga, une des plus de trois millions de victimes de l’Agent Orange, a témoigné lundi à Saint-Pierre.
Lundi soir, dans un restaurant de Saint-Pierre, une trentaine de personnes applaudit à l’intervention très émouvante de MmeTran to Nga. Cette enseignante, journaliste pendant la guerre du Vietnam, rappelle dans un livre, « Ma terre empoisonnée », son propre drame et celui du Vietnam. Ce pays, continue de subir, 40 ans après la fin de la guerre, les terribles effets des 80 millions de litres de défoliant (l’agent orange) déversés par les Américains sur la partie méridionnale du pays.
Emouvant parce que cette « jeune » femme de soixante-dix ans, subit encore régulièrement des opérations pour éradiquer les tumeurs qui l’affectent, et qu’elle pleure toujours la mort de sa fille aînée et les terribles séquelles portées par une autre de ses filles. Un sort partagé avec, selon les chiffres de la Croix Rouge, plus de trois millions de victimes vietnamiennes et trois générations. Parce que l’agent Orange continue de polluer et de tuer depuis quatre décennies, car il contient de la dioxine dite de Seveso, extrêmement toxique et résistante.
Elie Hoarau, souligne la terrible responsabilité des Américains et note combien le combat des Vietnamiens, qu’il a soutenu comme de nombreux Réunionnais, a été exemplaire pour tous les peuples en guerre contre le colonialisme.
Mais cette lutte n’est pas terminée et vient même d’être relancée en France devant une nouvelle juridiction qui autorise chaque citoyen français, c’est le cas de Mme Tran to Nga, à porter plainte contre des exactions qu’il aurait subi de la part de citoyens étrangers.
C’est ainsi que Monsanto, fabricant de l’agent Orange, risque de se retrouver devant un tribunal français, malgré les manœuvres dilatoires qu’il oppose à la plaignante, Mme Tran To Nga. Cette firme, ainsi que les 36 autres compagnies américaines, impliqués dans la fabrication du terrible défoliant, a l’habitude de ces manœuvres qu’elle a opposées à toutes les victimes dont les soldats américains et plus généralement toutes personnes ayant posé le pied dans les zones infectées.
Solidarité des Réunionnais
A La Réunion, l’association Orange Dihoxyn, grâce à son action, a permis depuis des dizaines d’années de financer un vaste programme humanitaire comme le financement d’opérations chirurgicales et des matériels nécessaires à la lutte contre les effets du défoliant. Il n’est donc pas étonnant de la retrouver aux côtés de Mme Tran To Nga.
Ce soir, une conférence a lieu à l’amphithéâtre D2 de l’Université de La Réunion, au campus de la Fac de droit au Moufia. Mercredi soir, Mme Tran To Nga et les responsables de l’association Orange Dihoxyn, seront dans un amphithéâtre de l’Université, au Tampon, pour la présentation d’un film et du livre, « Ma terre empoisonnée ». Le combat continue !
Correspondant
Orange Dihoxyn
Tel 0262 44 79 38
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