Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Moyen-Orient
17 mars 2005

(Page 7)
Après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, les grands médias ont beaucoup disserté sur le sursaut des Libanais - ce qui est bien naturel - et beaucoup moins sur les implications stratégiques à long terme dont cet assassinat pourrait être le signe complexe. En demandant une enquête internationale, les gouvernements français et espagnol ont témoigné de l’attention qu’il faut porter à ces évolutions à long terme.
Mais les États-Unis, lorsqu’ils affirment vouloir "collaborer avec l’ONU" à cette enquête, sont déjà moins crédibles. Leur principale préoccupation déclarée est, comme d’habitude, de "punir les auteurs de l’attentat". Des auteurs, à leurs yeux, tout désignés.
Rappelons-nous : les déclarations américaines de Tel-Aviv, en février 2003. "Après l’Irak, le Pentagone va s’occuper de la Syrie et de l’Iran", tonitruaient-ils, en promettant à l’époque de se passer de l’ONU le cas échéant.
Plusieurs événements récents semblent démontrer que le gouvernement actuel de G. W. Bush pousse ses pions en ce sens. Un de ces pions est la nomination de John R. Bolton comme ambassadeur des États-Unis à l’ONU. Selon le Réseau Voltaire, elle a fait l’effet d’un électrochoc dans les chancelleries. Militant "d’extrême droite" pour les uns, obscur sous-secrétaire d’État sous Bush père, cet “ambassadeur” serait partisan de la dissolution de l’ONU et du démantèlement des traités de désarmement, cultivant l’obsession d’en découdre avec l’Iran, la Syrie et la Corée du Nord.
Dans cette optique, l’assassinat du Premier ministre libanais pourrait bien être un autre pion de la stratégie de l’administration Bush. Il prend en tout cas un relief tout particulier, comme une nouvelle marche vers une mise au ban de la Syrie, aussitôt désignée par certains comme suspect n°1.
C’est loin d’être la seule hypothèse valide dans le contexte mondial actuel. Les Américains sont enlisés en Irak. Il leur faut un prétexte pour en sortir... sans léser les complexes militaro-industriels. Vite, une cible !...
Lundi, un petit bonhomme de 6 ans disait dans un de nos quotidiens qu’il s’engagerait plus tard sur le Jeanne d’Arc "pour faire la guerre à Ben Laden". Il a encore le temps d’y réfléchir, mais si le monde continue à ce train, c’est un jour aux Américains des USA que le “monde libre” pourrait être amené à faire la guerre... Travaillons plutôt à consolider la paix en retournant contre les fauteurs de guerre toutes les “armes” de la mondialisation.
P. D.
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