Droits humains

Coronavirus : exemples de régions touchées par la faim

Rapport de la FAO et du PAM sur les effets du COVID-19

Témoignages.re / 23 juillet 2020

Aucune région du monde n’est à l’abri, qu’il s’agisse de l’Afghanistan ou du Bangladesh en Asie, d’ Haïti, du Venezuela et du corridor sec en Amérique centrale, ou de l’Irak, du Liban, et de la Syrie au Moyen-Orient, ou encore du Burkina Faso, du Cameroun, du Liberia, du Niger, du Nigéria, du Mali, du Mozambique, de la Sierra Leone ou du Zimbabwe en Afrique.

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En Afghanistan, selon le rapport, les prix des produits alimentaires ont augmenté de plus de 20 pour cent tandis que la pandémie a contribué à faire baisser les revenus, a perturbé les chaines d’approvisionnement alimentaire et a limité l’accès aux intrants agricoles, au carburant et à la main d’œuvre.

Au Bangladesh, l’impact économique de la crise est appelé à multiplier par deux le taux de pauvreté nationale, lui faisant dépasser les 40 pour cent.

En Ethiopie, les mesures liées au COVID-19, associées aux récentes inondations et aux pertes de cultures provoquées par les criquets pèlerins, devraient avoir pour effet de diminuer la récolte de la saison Belg qui survient vers juin-juillet, en lui faisant atteindre un niveau inferieur à sa moyenne.

En Haïti, les impacts du COVID-19 surviennent alors que la principale saison des pluies n’a vu que des pluies relativement tomber sur l’ile. Cela devrait faire baisser la production agricole et avoir pour effet des pertes de cultures, pour une autre année d’affilée.

En Sierra Leone, les prix des principales denrées alimentaires ont également augmenté et atteint des prix bien - au-dessus de leur moyenne tandis qu’une possible réduction de la production agricole domestique - due à des précipitions qui devraient être moins importantes lors de la prochaine saison - pourrait entrainer une nouvelle hausse des prix des produits alimentaires.

En Somalie, les défis liés au COVID-19, associes aux récentes inondations et aux impacts des criquets pèlerins devraient faire chuter de 20 à 30 pour cent la production agricole lors de la principale saison Gu, censée être récoltée en juillet. Les exportations de bétail ont déjà diminué de 20 pour cent et une autre réduction de 30 à 50 pour cent est attendue en raison d’une baisse de la demande en provenance d’Arabie Saoudite, suite à l’annulation du pèlerinage pendant le Ramadan. Le nombre de personnes en Somalie faisant face a une situation de faim aigue devrait tripler par rapport à l’année dernière.

Au Yémen, où la population fait déjà face a la plus importante crise alimentaire et humanitaire, une hausse de 35 pour cent des prix des produits alimentaires a été enregistrée dans certaines régions depuis avril.

Le Zimbabwe a déjà connu l’une des saisons plus sèches de son histoire, entrainant des déficits céréaliers importants pour la deuxième année consécutive. L’impact économique de la pandémie s’observe déjà avec la dépréciation de la monnaie et l’inflation (l’inflation alimentaire s’élevait à 953,5 pour cent en mai 2020, soit une hausse de 685 pour cent depuis janvier 2020).