Droits humains

Coronavirus : le risque d’une jeunesse sacrifiée

L’OIT préconise des mesures urgentes pour la jeunesse

Témoignages.re / 13 août 2020

D’après une étude de l’OIT à l’échelle du monde sur l’impact du coronavirus sur les perspectives d’emploi de la jeunesse, 38 % des jeunes doutent de leur avenir, 50 % souffrent d’anxiété ou de dépression et 25 % ont été ou sont bénévoles dans les actions de luttes contre le coronavirus. Toutes ces données amènent l’OIT à demander des actions urgentes en direction des jeunes, pour faire respecter leur droit à un travail mais aussi pour leur donner plus de responsabilités dans les prises de décision.

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Le chômage de longue durée est souvent ce qui attend les jeunes qui sortent de l’école.

Le rapport « Les jeunes et le COVID-19 : impacts sur les emplois, l’éducation, les droits et le bien-être mental » est une publication conjointe de l’OIT, de l’Association internationale des étudiants en sciences économiques et commerciales (AIESEC), du Fonds d’affectation spéciale d’urgence de l’Union européenne pour l’Afrique, du Forum européen de la jeunesse, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), et du grand groupe des enfants et des jeunes des Nations Unies.

D’après le rapport, 38 pour cent des jeunes ont des doutes quant à leurs perspectives de carrière, et il est probable que la crise crée davantage d’obstacles sur le marché du travail et prolonge la période de transition entre la fin des études et le moment où les jeunes accèdent à leur premier emploi.

Certains ont déjà été directement touchés, un jeune sur six ayant été contraint d’arrêter de travailler depuis le début de la pandémie. Les jeunes tendent généralement à occuper des emplois dans des secteurs fortement touchés par la pandémie, en particulier les services de soutien, les services et les activités liées à la vente, ce qui les rend plus vulnérables aux conséquences économiques de la pandémie. Quarante-deux pour cent des jeunes qui ont continué à travailler ont vu leurs revenus diminuer.

Cela a eu une incidence sur leur bien-être mental. L’enquête précise que 50 pour cent des jeunes peuvent être sujets à l’anxiété ou à la dépression, tandis que 17 autres pour cent en souffrent probablement.

Veillez à ce que leurs voix soient entendues

Malgré les circonstances extrêmes, les jeunes utilisent leur énergie pour se mobiliser et s’exprimer dans la lutte contre la crise. D’après l’enquête, un jeune sur quatre a fait du bénévolat durant la pandémie.

Il est essentiel que les jeunes puissent faire entendre leur voix pour apporter une réponse plus inclusive à la crise du COVID-19. Le rapport estime que le fait de donner aux jeunes la possibilité d’exprimer leurs besoins et leurs idées dans les processus de prise de décision permet d’améliorer l’efficacité des politiques et programmes et leur offre l’occasion de participer à leur mise en œuvre.
Le rapport préconise également des réponses politiques urgentes, à grande échelle et ciblées pour éviter que la crise n’hypothèque les perspectives d’emploi de toute une génération de jeunes.

Ces réponses devraient consister entre autres à réintégrer sur le marché du travail les personnes qui ont perdu leur emploi ou subi une réduction de leur temps de travail, et à s’assurer que les jeunes bénéficient des prestations de l’assurance-chômage ainsi que des mesures destinées à stimuler leur santé mentale, que ce soit dans le cadre d’un soutien psychosocial ou d’activités sportives.