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15 avril 2021

La région de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, est confrontée à une crise humanitaire « de grande ampleur et probablement de longue durée », avec près d’un tiers de sa population déplacée, aggravant la faim et le risque croissant de maladies mortelles, a déclaré mardi le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).
La région de Cabo Delgado au Mozambique a connu une dramatique détérioration de la sa situation le mois dernier lorsque des militants extrémistes ont attaqué et auraient envahi la ville de Pemba, tuant des dizaines de personnes et en déracinant des milliers, dont beaucoup avaient fui la violence ailleurs.
Manuel Fontaine, directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF, qui se trouve à Cabo Delgado depuis quelques jours pour rencontrer les autorités et les communautés touchées, a déclaré que la situation était « très, très grave ».
Selon l’Organisation internationale des Nations Unies pour les migrations (OIM), plus de 17 000 personnes sont des réfugiés depuis les violences du mois dernier, les femmes et les enfants représentant près de 74 % des personnes déplacées.
Auparavant, près de 670 000 - dont quelque 160 000 femmes et adolescentes ainsi que 19 000 femmes enceintes - étaient déplacées à l’intérieur du pays dans les provinces de Cabo Delgado, Niassa et Nampula, la grande majorité d’entre elles dépendant de familles d’accueil, dont les maigres ressources sont épuisées.
Les organisations humanitaires, en coordination avec le Gouvernement, continuent d’aider les personnes déplacées dans tout Cabo Delgado, mais les besoins augmentent. L’UNICEF a jusqu’à présent identifié environ 220 enfants séparés de leurs parents et leur protection et le regroupement familial restent une priorité, a ajouté M. Fontaine, notant que les communautés affectées ont également besoin d’eau et d’autres fournitures de base. L’accès humanitaire est également une préoccupation majeure, plusieurs endroits de la province étant coupés par la violence.
L’aide alimentaire est également vitale, avec plus de 950 000 personnes dans le nord du Mozambique confrontées à une « grave faim », selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies.
L’agence prévoit d’aider quelque 750 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays. Le PAM organise des distributions de vivres d’urgence pour les familles qui ont fui les violences à Palma et fournit des biscuits à haute teneur énergétique, des rations et de l’eau, le tout pour une durée de deux semaines.
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