Droits humains

Derrière les smartphones en cadeau à La Réunion, l’exploitation des enfants à Madagascar

Illustration des inégalités dans le monde

Manuel Marchal / 26 décembre 2019

La Réunion a pour particularité d’avoir le statut de région de l’Union européenne et de se situer en Afrique, entre Madagascar et Maurice. Elle est donc très proche géographiquement et culturellement d’un pays qui est parmi les plus exploités au monde. Cette exploitation se manifeste notamment par l’extraction de minerais indispensables à l’électronique. C’est le cas du mica, un composant des téléphones mobiles. Avant de faire partie d’un cadeau offert à l’occasion des fêtes à La Réunion, il est extrait de la terre par des enfants à Madagascar. Plus de 10.000 enfants sont victimes de cette exploitation, qui prospère sur la misère imposée à l’écrasante majorité de la population.

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« Plus de 10 000 enfants, les plus jeunes âgés d’à peine 5 ans, sont employés à Madagascar dans des mines de mica, un minéral résistant à la chaleur utilisé dans l’électronique et l’automobile. Ces mineurs représentent la moitié de la main-d’œuvre employée dans les mines du secteur selon l’enquête publié par Terre des Hommes et le Centre de recherche sur les multinationales.
Au terme d’un an d’investigations dans 13 mines du sud-est de la Grande Ile, les deux ONG ont documenté en détail les « conditions de travail rudes » imposées à ces enfants. En raison de leur petite taille, la plupart sont chargés de creuser les puits et les tunnels dont ils extraient ensuite le mica. Les plus jeunes sont affectés au tri des plaques de minéraux.
« Ils souffrent du dos, de maux de tête dus à la chaleur et au manque d’eau, et sont victimes de blessures aux mains et aux pieds tous les jours », écrit le rapport. Nombre d’entre eux sont aussi « exposés aux particules de poussière de mica qui provoquent toux et des maladies des poumons ». Ces mineurs sont pour la plupart envoyés au fond des mines par leur famille, à la recherche d’un complément de revenu.
Selon l’enquête, le salaire quotidien octroyé aux travailleurs du secteur – entre 27 centimes à 3 euros – ne suffit souvent pas pour un repas quotidien.
Madagascar est le troisième producteur mondial de mica, pour un revenu estimé dans le rapport à 5,8 millions d’euros (6,5 millions de dollars) en 2017. La Grande Ile en est récemment devenue le premier exportateur de la planète en devançant l’Inde. L’essentiel – 87% – de la production mondiale est achetée par la Chine, selon l’Organisation des Nations unies (ONU). »

Commentaire

Cet extrait d’un article d’EpochTime publié le 26 novembre dernier rappelait cette réalité imposée par le système capitaliste dominant. Madagascar est le premier exportateur mondial de mica, et le troisième producteur. C’est un composant indispensable à la construction de machines telles que les smartphones qui sont offerts au pied du sapin de Noël à La Réunion. Cette richesse extraite de la terre malgache donne un salaire mensuel compris entre 8 et 90 euros par mois au mineur, dont la moitié sont des enfants. Ce sont eux qui sont affectés aux travaux les plus dangereux car ils peuvent atteindre directement le gisement.

A la différence de la plupart des régions de l’Union européenne, qui sont situées naturellement en Europe à 10.000 kilomètres d’ici, La Réunion fait partie du continent africain, car elle se situe entre Madagascar et Maurice. A moins de 1000 kilomètres du smartphone emballé dans un paquet cadeau, prêt à être offert, un enfant travaille comme un esclave au fond d’une mine. Sans lui, ce smartphone à bas coût n’existerait sans doute pas. Or, il est clair que n’importe qui peut se passer d’un tel cadeau !

La lutte contre les inégalités dans le monde reste un grand défi du 21e siècle. En effet, comment justifier qu’un enfant né à Madagascar n’ait pas les mêmes droits que son homologue réunionnais ? Comment aussi expliquer que des industriels achètent ce minerai tout en sachant que ce sont des enfants privés d’école qui l’ont extrait ?

Gageons que ce siècle voit se lever une génération de jeunes Réunionnais qui aura la conscience de lutter contre ces inégalités.

M.M.



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  • Que c’est triste tout ça, cette exploitation de l’homme par l’homme en 2020 bientôt, cela se poursuivra encore, pour remplir des poches jamais aussi remplies et jamais assez grandes, comme cette folie, les vendeurs, concepteurs se risquent bien de vanter ces injustices sociales dans leurs images de marque, leurs campagnes de pub, on y préfère voir le "progrès", le changement, les performances, mais surtout pas la misère, l’exploitation, le saccage de la nature, car tous ces matériaux, comme aussi finalement le pétrole, ne sont pas renouvelables, cela veut dire : "quand il y en aura pluas, il n’ en aura plus jamais" comme pour le cuivre dans 15 ans, terminé. Ne pas oublier que le "simple" sable aussi subit le bizeness, on commence à en manquer, comme des pierres aussi pour la Réunion et sa route la plus chère du monde qui ne supprimera pas les sempiternels bouchons quotidiens, mouvements pendulaires des travailleurs, qui s’y retrouvent comme des moutons, des sardines, triste tout ça non ?

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