Droits humains

Des investissements supplémentaires nécessaires pour lutter contre la faim

815 millions de personnes concernées

Témoignages.re / 5 décembre 2017

La récente hausse du nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde nécessite une action immédiate pour renverser cette tendance, a déclaré, lundi, le directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva, devant les membres du conseil de cette organisation.

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José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO

Il a souligné que les derniers chiffres de la faim - 815 millions de personnes - indiquent pour la première fois une hausse après plus d’une décennie de recul constant. L’obésité et le surpoids sont également en augmentation, tant dans les pays développés que dans les pays en développement, ce qui est une autre conséquence directe des systèmes d’alimentation actuels, a-t-il indiqué, selon un communiqué de la FAO.

« Le plus important maintenant est de renforcer la résilience des populations pauvres aux impacts des conflits et du changement climatique », en s’assurant que l’assistance humanitaire soit associée à des actions de développement pour permettre l’éradication de la faim d’ici 2030, a-t-il déclaré.

« Ce qui signifie pratiquement de nouveaux investissements - je dirais beaucoup plus d’investissements - tant du secteur public que privé », a précisé M. Graziano da Silva.

Pour des « pratiques durables »

Le Conseil de la FAO gère les affaires administratives et financières entre les réunions bisannuelle de la Conférence de la FAO. Huit responsables gouvernementaux - du Burkina Faso, du Cap-Vert, du Cameroun, du Costa Rica, de la Zambie, du Paraguay et de la Fédération Russe - participent à cette réunion d’une semaine, en marge de laquelle auront lieu des ateliers sur le changement climatique, la migration et la sécurité alimentaire ainsi que la célébration, mardi, de la Journée mondiale des sols.

D’après le communiqué, le directeur général a présenté les évènements majeurs qui se tiendront en 2018 tels que des symposium internationaux de haut niveau sur l’agroécologie, les systèmes du patrimoine agricole mondial et un troisième sur l’innovation pour les petites exploitations agricoles et familiales qui entre également dans le cadre du projet de lancement d’une plateforme internationale pour la biodiversité.

Ces initiatives sont conçues pour « aider les pays à mettre en place des pratiques agricoles durables qui associent production alimentaire, services d’écosystème et résilience au changement climatique », a indiqué M. Graziano da Silva.

Rôle de la FAO

Les meilleures opportunités de « remettre sur les rails la lutte contre la faim » seront, en début d’année, le Sommet de l’Union africaine en Ethiopie et les conférences régionales de la FAO, dont la première qui se tiendra au Soudan.

Le communiqué a souligné qu’en 2018, la FAO va coprésider le Groupe international sur la migration, comprenant 22 agences des Nations unies et mandaté pour participer à l’élaboration - d’ici la fin de 2018 - d’un Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière.

Alors que le Conseil a passé en revue les questions budgétaires, M. Graziano da Silva a souligné les efforts de la FAO pour renforcer son efficacité par la mise en place de cinq équipes de programme stratégiques ainsi que d’autres mesures institutionnelles pour la décentralisation, avec une utilisation accrue de la coopération triangulaire et sud-sud et l’intégration du réseau de bureaux de pays de l’organisation afin d’assurer une plus grande flexibilité dans l’utilisation des ressources budgétisées.