Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
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Deux affaires de trafic avec Madagascar
22 février 2005

Les deux militaires malgaches auteurs d’un trafic de tortues ont été traduits devant la Justice. La femme d’un militaire français coupable d’un trafic de bijoux a, semble-t-il, bénéficié d’une transaction avec le service des douanes. Mais, au nom de quoi cette différence de traitement ?
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Les deux militaires malgaches venus suivre un stage de formation à La Réunion avec une cinquantaine de leurs camarades ont été jugés, il y a une semaine, selon la procédure de comparution immédiate pour “transport et détention d’espèces animales non domestiques” et “importation illicite de marchandises prohibées”.
Cette affaire a fait ici grand bruit. Elle a occupé les colonnes de la presse écrite et a été largement couverte par les médias audiovisuels. On n’a pas manqué de nous montrer les deux hommes entourés par les forces de l’ordre et conduits au tribunal.
Il y a environ deux mois de cela, la femme d’un militaire en retraite était prise en flagrant délit de vente de pierres précieuses importées illégalement de Madagascar. Comme pour le trafic illicite de tortues, les bijoux étaient introduits frauduleusement à La Réunion en voyageant par Transall.
Ceci étant, alors que les deux militaires malgaches semblaient être à leur coup d’essai, la femme du militaire français n’en était pas à ses débuts.
Or, si dans le cas des deux malgaches, c’est avec célérité que la machine judiciaire s’est mise en marche, depuis que la femme du militaire français a été prise en flagrant délit, il n’y a plus rien eu. "Certains l’annoncent déjà déferrée devant un magistrat. D’autres assurent que la femme de l’officier en retraite pourrait s’en tirer en négociant avec les douanes un “arrangement transactionnel”", écrivait le “Journal de l’île” daté du 12 décembre. "C’est une négociation difficile et coûteuse qui s’ouvrirait si la seconde des formules était retenue par l’administration. Les douaniers, c’est connu, préfèrent un bon arrangement à un mauvais procès", ajoutait le “Journal de l’île”. "Les douaniers ont ainsi pu apprendre que le trafic n’en était pas à son début, qu’il durait même depuis belle lurette et que son auteur principal en avait déjà tiré de très juteux profits. Ils ont aussi récupéré une liste de clientes dont les noms font trembler la Grande Muette", commentait Christian Chardon. Ce dernier concluait ainsi son article : "comme le disait hier le général Marengo, commandant supérieur des Forces armées de la zone Sud de l’océan Indien, “l’affaire est désormais un problème qui concerne exclusivement la douane et la personne incriminée”".
Pourquoi dans un cas, l’affaire concerne les incriminés et la Justice et pourquoi, dans l’autre, est-ce une affaire entre la fautive et la douane ? À quoi tient la différence de traitement ? Est-ce seulement à cause de la nature des faits incriminés ? Ou en raison de la personnalité des coupables ? Ou pour autre chose encore ?
En tout cas, l’opinion publique aimerait bien comprendre pourquoi on fait grand tapage sur une affaire et pourquoi l’autre est vite entrée dans l’ombre.
J. M.
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