Droits humains

Droit des femmes : Qu’avons-nous gagné, qu’avons-nous perdu ?

8 mars 2021 : Journée internationale des droits des femmes

Julie Pontalba / 8 mars 2021

Pendant la Seconde guerre mondiale, avec le départ massif des hommes au front, les femmes ont dû prendre les commandes et assumer les responsabilités du moment. Elles ont fait face, seules, à la survie de la famille ainsi qu’à la marche de l’économie : alimentation, hygiène, santé, éducation, bien sûr, mais aussi travail dans les usines et les champs pour palier au manque d’hommes. Tout cela a permis de faire bouger les choses.

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Une nette amélioration de la condition de la femme

Ainsi, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les avancées pour les droits des femmes n’ont pas cessé. A commencer par le droit fondamental de vote, obtenu en 1945 à La Réunion. La loi sur la parité votée en 2000 oblige l’intégration d’un certain nombre de femmes dans les institutions politiques. Il y a encore du chemin à parcourir pour arriver à une parité totale, mais c’est un point de départ.

En 75 ans, en France, le statut de la femme a considérablement changé. Elles ont gagné en termes de liberté, notamment financière où elles se sont émancipées de la tutelle masculine. Souvent bien plus diplômées que les hommes, elles ont conquis beaucoup de secteur du marché du travail. La femme au travail est un facteur de réussite, ce qui tranche avec les images de la femme au fourneau s’occupant des enfants.

En termes de vie familiale, certaines doivent encore traverser une période transitoire ; le temps que tous, hommes et femmes, comprennent que les temps ont changé et qu’ils doivent désormais tous deux participer aux tâches ménagères et à la pleine éducation des enfants. Dans ce domaine-là aussi le point de non-retour est enclenché.

La lutte contre les violences faites aux femmes est désormais un sujet à traiter en priorité et nous avons espoir que cela soit réglé un jour, pour le bien être de tous.

Et les fonctions naturelles ?

Il faut noter qu’actuellement, la course à la modernité se fait au détriment d’un autre aspect de la vie de la femme et de la famille : la maternité.
Nous avons connu l’époque des familles (très) nombreuses, de la revendication du droit à l’avortement et de la contraception mais tout cela parait un peu désuet aujourd’hui, où le nouveau problème est celui des grossesses tardives voir de l’infécondité.

Le nouveau modèle de société, les études plus longues, la pression de la réussite sociale qui est devenue plus importante que la réussite familiale (l’interview de Jacqueline l’illustre parfaitement bien), le chômage, les exigences des entreprises,…, entrainent une augmentation de l’âge moyen de fécondité (de 29 ans en 1995 à 31 ans en 2019), et une diminution du nombre de naissances (800,4 en France en 1980 à 714 en 2019). Le taux de fécondité continue de baisser depuis 2015, pour atteindre 1,86 naissances par femme en 2019. Selon, l’INSEE « La baisse de la fécondité observée depuis 2015 n’est pas centrée sur un groupe de niveau de vie en particulier : elle concerne aussi bien les femmes aisées que celles appartenant aux ménages les plus modestes. ». C’est donc un modèle de société qui s’installe peu à peu. Et encore, sur le plan européen la France est le pays qui s’en sort le mieux. En Corée du Sud, pays qui bat tous les records, ce taux descend à 0,88 (et 0,69 pour Séoul), ce qui met sérieusement en danger le renouvellement de cette population.

Le système capitaliste et certains mouvements féministes, prônent l’allaitement au biberon. Cela permet le retour plus rapide des femmes au travail, et rendrait les femmes plus libres, favoriserait l’économie par l’achat des laits de substitution,… tout cela au détriment de la santé de l’enfant et de la mère. En effet, les bénéfices de l’allaitement pour la mère et l’enfant sont prouvés. Il a été prouvé que le lait maternel contient des anticorps qui immunisent l’enfant contre les maladies pour lesquelles la mère a déjà été immunisées. L’allaitement ferait diminuer le risque du cancer du sein. Ce discours-là est peu entendu de nos jours et à coup sûr certain-e-s parmi vous trouveront à ce dernier paragraphe un caractère obsolète et pourtant !

En conclusion

En ce jour International de la lutte pour les droits de la femme, chacun se fera son idée sur l’évolution de nos conditions de vie, à court et à long terme. Pour ma part - puisque j’ai ce privilège de pouvoir donner mon avis ici - si je ne peux que être fière des avancées, en sachant qu’il y a encore des droits à conquérir, je ne peux m’empêcher d’être inquiète pour l’avenir, où d’autres problèmes, différents de ce que nous avons connus, et peut-être plus graves, vont surgir.

Julie Pontalba