Les autorités responsables de l’immigration à La Réunion à contre-courant de la tradition d’hospitalité des peuples de l’océan Indien

Encore 7 réfugiés du Sri Lanka sous la menace d’une expulsion

16 décembre 2023, par Manuel Marchal

Le 7 décembre dernier, 7 réfugiés en provenance du Sri Lanka sont arrivés à La Réunion. Les autorités compétentes en matière d’immigration à La Réunion refusent que les Réunionnais les accueillent et veulent les expulser dès qu’un avion sera disponible. Le motif de « fuir la misère » n’est pas suffisant et il faut fournir des preuves concrètes de persécution.
Ces exigences ne s’appliquent pas aux réfugiés ukrainiens entrés sans visa dans l’Union européenne, alors que la fuite d’un pays miné par la corruption est sans doute un facteur qui accélère l’émigration causée par l’extension de la guerre du Donbass depuis 2022. Mais à la différence des Sri-Lankais, les Ukrainiens sont blancs et européens.
Les autorités responsables de l’immigration à La Réunion sont à contre-courant de la tradition d’hospitalité des peuples de l’océan Indien.

Une fois de plus, les autorités responsables de l’immigration à La Réunion choisissent d’interdire aux Réunionnais d’accueillir des réfugiés. Il s’agit de 7 réfugiés venant du Sri Lanka. Ils sont arrivés à La Réunion le 7 décembre dernier après avoir traversé l’océan Indien sur un bateau.

L’émigration pour échapper à la crise

Depuis plusieurs années, le Sri Lanka est confronté à une très grave crise liée à la corruption et à l’incompétence du pouvoir. Pour diminuer la fuite des devises, ce dernier a interdit l’utilisation d’engrais importés au prétexte de faire du 100 % bio. La production agricole s’est effondrée. Cela a accéléré la crise : les prix ont explosé, le pouvoir d’achat s’est réduit considérablement et la classe moyenne en formation a disparu. Ceux qui manifestent font l’objet de répression.
A court-terme, aucune solution de redressement n’existe. Comme dans tous les pays concernés par ce type de crise, l’émigration tente chaque jour de plus en plus de monde. La Réunion est une des destinations choisies. Comme il se situe dans l’océan Indien, notre pays a une tradition d’hospitalité. Cela est d’autant plus vrai, puisque La Réunion est officiellement un pays peuplé uniquement par des immigrés depuis le 17e siècle. Comme ailleurs dans notre région, La Réunion est un carrefour de civilisations présentes en Afrique, en Asie et en Europe. Ceci donne donc pour les Sri-Lankais de bonnes chances d’intégration dans notre société.

Deux poids deux mesures

Mais pour les autorités responsables de l’immigration à La Réunion, « fuir la misère » ne suffit pas pour entrer sans visa à La Réunion lorsque l’on vient d’un pays de l’océan Indien. Il faut aussi fournir des preuves concrètes de persécution afin de demander et d’espérer se voir accorder l’asile politique. Ces autorités veulent renvoyer ces 7 réfugiés au Sri Lanka par le premier avion disponible.
Ce traitement contraste avec celui réservé à des migrants venus d’Europe. Par exemple, les Ukrainiens peuvent venir sans visa et les États sont encouragés par l’Union européenne à leur fournir logement et travail. Or, la guerre est un prétexte parmi d’autres pour cette immigration. La motivation est aussi de fuir un pays miné par la corruption comme en témoigne la présence dans l’UE de nombreux Ukrainiens avant l’intervention de la Russie dans la guerre du Donbass.
Jusqu’à preuve du contraire, il n’est pas demandé à ces réfugiés de fournir des preuves de persécution. Mais à la différence des Sri-Lankais, les Ukrainiens sont blancs et européens.
Les autorités responsables de l’immigration à La Réunion sont vraiment à contre-courant de la tradition d’hospitalité des peuples de l’océan Indien.

M.M.

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