Droits humains

Face à la mobilisation pour Ahed Tamimi : huis clos décrété par les militaires

Première audience du procès de la jeune palestinienne de 16 ans

Manuel Marchal / 14 février 2018

Le procès d’Ahed Tamimi, âgée de 16 ans, a commencé hier dans un tribunal militaire de l’État d’Israël. Pour une gifle à un soldat d’une armée d’occupation, elle risque 10 ans de prison. Dans le monde, la mobilisation s’amplifie pour sa libération. Dans notre île, elle est animée par les Femmes communistes de La Réunion.

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Ahed Tamimi.

Après avoir passé 56 jours dans une prison israélienne, Ahed Tamimi était convoquée hier devant un tribunal militaire israélien pour y être jugée. Pour une gifle donnée à un soldat israélien, elle risque 10 ans de prison. Hier, le juge militaire a donné le ton. Il a décrété que l’audience sera à huis clos. Les journalistes n’ont donc pas pu suivre le procès. Ils ont été expulsés de la salle ainsi que les diplomates. Seuls les membres de la famille ont pu rester à l’audience.

« La loi militaire prévoit un huis clos pour les audiences concernant les militaires. Mais la logique derrière cela, c’est qu’ils veulent protéger les enfants contre le fait d’être dans un tribunal avec des adultes. Dans ce cas-ci, toutes les audiences concernant son arrestation ont été publiques. Le juge a dit que nous ne pouvions pas donner une bonne raison pour laquelle cette audience devrait l’être aussi. Mais le droit d’avoir un huis clos est celui de la mineure, pas de la cour, a déclaré maître Gaby Lasky, l’avocate Ahed Tamimi, à RFI. Et si la mineure et ses parents veulent une audience publique, alors c’est ça qui est le mieux pour elle. Et dans ce cas, la cour ne devrait pas décider ce qui est le mieux pour elle (…) Je pense que la décision de la cour traduit ce qui est le mieux pour la cour et non ce qui est le mieux pour Ahed. Ils comprennent que les personnes à l’extérieur du tribunal militaire d’Ofer s’intéressent au cas d’Ahed. Ils comprennent que ces droits sont enfreints et que son procès ne devrait pas avoir lieu. Donc le moyen de contrer cet intérêt est d’imposer un huis clos et de ne pas autoriser les gens à l’intérieur du tribunal pour ses audiences »

Après cette première audience, la suite du procès a été renvoyée au mois prochain.

Elle retourne en prison où elle va rejoindre les 350 enfants et adolescents palestiniens détenus pour faits de résistance à l’occupation de leur pays par Israël.

Mobilisation internationale

Le 5 février dernier, les Femmes communistes de La Réunion avaient alerte l’opinion sur la répression subie par cette jeune fille de 16 ans, ainsi que sur la mobilisation internationale autour de sa demande de libération. C’est cette mobilisation qui avait amené les militaires israéliens à reporter d’une semaine l’audience prévue hier. C’est aussi cela qui a sans doute été à l’origine de la décision de huis clos. Comme le rappelle en effet l’avocat d’Ahed Tamimi, les audiences précédant le procès avaient toujours été publiques.

Or, elles avaient permis de voir les images d’une jeune fille de 16 ans qui tenait tête à la justice d’une armée d’occupation. Manifestement, les colonialistes au pouvoir à Tel-Aviv ont voulu éviter la diffusion d’images qui mettent à mal le discours selon lequel Israël serait une démocratie respectueuse des droits humains. Dans le même temps, ils cherchent à condamner lourdement Ahed Tamimi dans le but de briser l’image d’une jeunesse rebelle qui se bat pour la liberté de son peuple.

Journée de solidarité le 8 mars

Comme l’avait rappelé les Femmes communistes de La Réunion, Ahed Tamimi fait partie d’une famille de résistants. Ils poursuivent le combat contre l’occupation de la Palestine par l’armée d’un pays que l’Afrique du Sud qualifie de régime d’apartheid en raison des discriminations subies par les Palestiniens.

Pendant qu’Ahed Tamimi est soumise au régime carcéral, la mobilisation continue. À La Réunion, les Femmes communistes de La Réunion ont proposé de « faire du 8 mars, une Journée de Solidarité avec les Femmes du monde entier victimes de violences et du non-respect de leurs droits comme de leur dignité. En particulier, les Femmes Palestiniennes et la Jeune résistante Ahed Tamimi. »

M.M.



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Messages






  • Chers camarades,

    Excusez-moi s’ il vous plaît de m’ adresser nommément à un de vos correspondants attitrés : où êtes-vous Monsieur Maillot Joseph Luçay pour glorifier cette éclatante manifestation de la démocratie israélienne ?????? Je pense que vous êtes en train de polir votre dialectique !!!!!

    Ma seconde excuse va pour Jean : j’ espère que, cette fois, tu ne te seras pas pris pour notre honorable correspondant !!!
    Jean-Paul Ciret

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  • la démocratie est une valeur universelle que chacun applique à sa façon , la démocratie française ne ressemble pas à la démocratie américaine ni la démocratie israélienne . Et dans toutes les démocraties il y a des abus et des excès qui sont commis par ceux qui détiennent le pouvoir .

    Concernant le problème de la cohabitation des Israéliens et palestiniens sur un même territoire , je pense que la communauté internationale est coupable de laisser la situation se dégrader sans proposer une solution qui permette à chaque communauté de vivre en paix dans le respect des autres .

    La situation qui existe sur la bande de Gaza qui consiste à enfermer plus de deux millions de personnes sur 350Km2 sans aucune autre ressource que l’aide internationale pourrait être assimilé à un crime contre l’humanité commis par ceux qui ont la responsabilité de trouver une solution acceptable .

    Face à des situations extrêmes les autorités qui gèrent un pays peuvent réagir en prenant des mesures extrêmes, même si cela est condamnable . Israël n’est pas le seul pays où des faits apparemment sans gravité sont punis sévèrement. Il y a quelques jour je lisais sur le net qu’un jeune turc avait été condamné à 30 ans de prison pour avoir appelé à manifester contre les autorités , et on peut déplorer qu’en France nous avons le même comportement quand il s’agit de lutter contre le terrorisme . Je ne sais plus qui disait il faut terroriser les terroristes , il me semble que c’était un ministre de l’intérieur, monsieur Charles Pasca quand il était au pouvoir et avait la charge de lutter contre les attentats qui ont frappé la France dans les années 1990 . Il n’avait pas toit à fait tort .

    Certes, il y a peut être autre chose à faire avant de terroriser les terroristes, mais malheureusement devant les fanatiques qui sont prêts à tout pour faire aboutir leurs idées il faut aussi être prêts à tout pour les empêcher de nuire .que ce soit en Israël ou ailleurs ..

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  • Franchement, est-il encore nécessaire d’ épiloguer sur de pareils aveux ? Quelle tristesse !!!
    Jean-Paul CIRET

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  • Mais oui franchement, je préfère soutenir les policiers lorsqu’ils sont agressés par des jeunes adolescents plutôt que le laxisme qui consiste à tout laisser faire et à se laisser prendre en otages et à ne plus pouvoir réagir lorsqu’ils se laissent aller à la violence .

    C’est vrai qu’une gifle peut paraître insignifiante et ne mérite sans doute pas une condamnation à 10 ans de prison. Mais il faut voir ce qu’il y a derrière cette gifle et n’oublions pas qu’à une certaine époque la gifle était l’invitation à un duel à mort entre deux personnes qui se sentaient offensées . Cette époque est bien sur révolue , mais lorsque des jeunes de 14 ans se permettent de gifler des policiers dans l’exercice de leurs fonctions il faut relever le défi ,car derrière la gifle il y a le symbole du refus et de l’invitation à la confrontation .

    Le plus important c’est de relever le défi ,ce que nous n’osons plus le faire en France , de peur de créer des émeutes sanglantes et incendiaires . il y a des quartiers où les policiers ne veulent plus aller car leur entrée serait considérée comme une provocation qui risque de mettre le feu aux poudres .Le nombre de policiers agressés et tués en cours de leurs intervention augmente chaque année ,mais sans pour autant que les autorités les soutiennent vraiment dans leur lutte contre le banditisme et le terrorisme . et distinguent bien les délits et crimes qui sont commis à leur encontre des autre crimes et délits .Gifler un policier n’est pas un geste anodin et doit être à sa juste valeur .

    La police est l’un des piliers de tout les pays régis par un état de droit que ce soit en démocratie ou pas . C’est elle qui est chargée du maintien de l’ordre et du respect de la paix civiles entre toutes les générations .Aucun jeune n’a le droit de gifler un policier dans l’exercice de ses fonctions , peu importe les raisons . Il ne faut pas laisser les jeunes faire n’importe quoi et quand ils dérapent il faut leur envoyer un message fort et clair qui soit compris par tous , jeunes et vieux .

    Nos policiers devraient peut être aller faire des stages en Israël pour apprendre à gérer les situations extrêmement difficiles et peut être qu’ils pourront à l’issue de leur formation retourner dans les zones de non droit crées par des jeunes livrées à eux mêmes.

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  • Camarades progressistes et anticolonialistes,combien de temps allez -vous rester sans réagir aux propos aussi intolérables que malhonnêtes et stupides de cet individu,qui ne comprendra jamais rien tant qu’ il n’ aura pas été placé dans la situation des jeunes Palestiniens en 2018 : pour un seul mot écrit par moi, "tristesse", constatez vous-mêmes ce qu’il s’ autorise à déblatérer. C’ est une insulte inacceptable faite au PCR et son fondateur, Paul Vergès que de le laisser ainsi sans réponse, mise à part la réaction écoeurée d’ un militant de base du Parti !
    Jean-Paul CIRET

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  • Y mélanze pa ti poule ek ti kanar. Mr Maillot lorsque vous parler de policier frappé par une jeune résistante palestinienne, je me permet de vous rappeler que ce n’est pas un policier mais un soldat qui a été bousculé par une jeune fille. Ce soldat symbolise la puissance d’occupation d’un gouvernement soutenu par les impérialistes des Etats Unis. A proportion gardée, une résistante française en 1940 aurait été envoyée dans les camps de la mort pour un tel acte. Nous ne sommes plus en guerre et il est hors de question infliger une lourde peine pour une gifle de contestation. Alors, une telle sanction pour l’exemple est déplacée et encore moins pour réclamer le respect des policiers qui en France sont soumis à d’autres problèmes que de bafouer les droits d’un peuple dans leur pays. L’exemple de laxisme au profit des jeunes délinquants français n’a pas sa place dans cet évènement. Face aux mépris et aux frustrations quotidiennes, une gifle c’est peu de chose pour expliquer la colère d’une jeune fille.

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