La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Rallye pour les droits de l’enfant à Sainte-Suzanne
21 novembre 2006

À l’occasion de la 11ème Journée nationale des droits de l’Enfant, 600 élèves issus de 9 écoles primaires de Sainte-Suzanne et de Saint-Denis ont participé hier à un grand rallye culturel, éducatif et sportif organisé par l’association les Francas de La Réunion, sur le site du Bocage. Autour d’ateliers basés sur la Convention internationale de l’ONU, les enfants ont été sensibilisés au thème : “La Citoyenneté de l’Enfant et la place de l’Enfant dans la Société”.
Depuis 1997 que les Francas, mouvement laïque de la Jeunesse et de l’Education Populaire, sont installés à La Réunion, ils œuvrent pour la reconnaissance de la place des enfants et des jeunes dans notre société. Partenaires du Conseil général et de la CAF, ils assurent la promotion de leur bien-être, de leur respect, de leurs droits mais aussi de leurs devoirs, comme le rappelait hier Pierre Barbier, délégué au développement départemental des Francas. Car droits et devoirs sont indissociables si l’on veut « faire de l’enfant un être responsable, autonome et citoyen ».
Des droits mais aussi des devoirs
Pour préparer la grande journée d’hier, depuis le début de l’année scolaire, les enfants des écoles primaires de Sainte-Suzanne et de Saint-Denis ont été sensibilisés aux Droits de l’Enfant et à la citoyenneté. « C’est un projet partenarial avec le Conseil général en collaboration avec les travailleurs sociaux des GUT qui ont choisi les écoles où se sont tenus différents ateliers allant de la sensibilisation aux droits de l’enfant, aux jeux de société, voire aux théâtres forum dans les collèges », explique Pierre Barbier. Le caractère ludique des activités a suscité la réceptivité des enfants qui se sont alors prêté plus facilement aux échanges avec les travailleurs sociaux pour produire des écrits et participer au concours de dessins mis en place chaque année pour l’occasion.
« Les enfants reconnaissent généralement très vite leurs droits, par contre, un peu moins leurs devoirs, et ces actions ont aussi pour but de les sensibiliser dessus », rappelle le responsable des Francas qui estime qu’il serait bon de parler de Journée des droits et devoirs des enfants. Et pour l’association qui travaille beaucoup dans le domaine de la parentalité, la précision a toute son importance. Le but des ateliers est aussi de susciter un dialogue entre enfants et parents, invités par la suite à suivre des ateliers propres. « En Métropole comme ici, de plus en plus, les parents sont démunis, le dialogue est coupé, constate Pierre Barbier. On va les aider à réfléchir, leur redonner de la valeur, des outils, leur dire qu’ils ne sont pas les seuls dans ce cas et permettre un échange avec d’autres parents pour retrouver l’autorité parentale, leur permettre de réinstaurer le dialogue avec leur enfant ». Pour parvenir à cet objectif, le partenariat entre les Francas, en charge de l’animation, et les travailleurs sociaux qui interviennent en tant que spécialistes pour entretenir le débat, le dialogue et recueillir souvent les révélations des enfants, est indispensable. C’est en cela que le rallye d’hier s’inscrit dans une action globale à caractère socio-éducatif en faveur de la prévention, le grand cheval de bataille du tissu associatif. Les enfants ont quant à eux pris un grand plaisir à se retrouver autour d’une journée où leur épanouissement est au cœur des préoccupations des adultes.
Stéphanie Longeras
Rupture du dialogue parents-enfants
« Sans limites, c’est l’enfant-roi »
Pour Pierre Barbier, « l’évolution de notre société a conduit à la rupture du dialogue entre parents et enfants ». Les médias prennent énormément d’importance dans la vie des familles où l’individualisme a aussi trouvé sa place. « Avant, les parents étaient des repères pour les enfants, aujourd’hui, c’est la télé que certains regardent parfois jusqu’à 5 par jour. Il n’y a plus de dialogue, plus d’échanges durant les repas. Les médias l’ont coupé et ce sont les séries, la violence et les débilités qui ont pris le relais... Qu’est-ce que l’enfant va reproduire ? » L’enfant manquerait donc de repères structurants qui l’aideraient à devenir un être responsable et citoyen. Et c’est là que les Francas, comme d’autres associations d’éducation populaire, essayent d’agir pour offrir ces repères, « pour mieux orienter les enfants et leur transmettre des valeurs, précise Pierre Barbier. C’est aux parents de reprendre leur rôle parental, de retrouver fermeté, autorité, de poser des limites. Mais certains n’arrivent plus à poser ces limites, à engager le dialogue avec leurs enfants. On parle d’une certaine autorité, pas d’être des pères fouettards. Ils ne doivent pas avoir peur de leurs enfants qui savent très bien manier aussi le chantage affectif. Sans limites, c’est l’enfant-roi. Il faut encourager les parents à ne pas démissionner. Le premier éducateur c’est eux. On est conscient des problèmes qu’ils rencontrent et on est là pour les aider, les encourager, les soutenir ».
Décentralisation : les associations payent un lourd tribut
Instituteur, puis professeur d’Histoire-Géographie au collège des Deux-Canons à Sainte-Clotilde, avant d’être aujourd’hui mis à disposition par l’Education nationale au sein des Francas, Pierre Barbier sait très bien que se faire respecter des enfants n’est pas une tâche aisée. Les associations ont certes un rôle à jouer pour soutenir les parents, mais depuis la décentralisation, l’Etat ne transfère pas les moyens nécessaires aux collectivités. Il note une forte diminution du nombre de professeurs mis à disposition des associations par l’Education nationale. En France hexagonale, ils sont passés de 40 professeurs mis à disposition à 5 en détachement auprès des associations. C’est l’association qui doit avancer les salaires de ces acteurs de l’éducation populaire qui perdent tous les avantages d’être sous le statut de fonctionnaire de l’Education nationale, comme leur plan de carrière. « D’accord, si l’on a moins de fonds depuis la décentralisation, il faut alors que l’Etat prenne en charge les lieux où l’on ne peut plus intervenir. On ne le dira jamais assez, le travail de prévention est fondamental ».
Témoignage
Il faut « interdire de continuer à faire du mal à ces enfants »
« Des enfants se font battre et meurent à cause de ça. Certains travaillent comme des esclaves, ils n’ont même pas d’éducation, pas d’école, comme en Afrique ». Du haut de ses 9 ans, Hugo, élève de CM1 à l’école primaire Jules Reydellet à Saint-Denis qui participait hier au rallye, dénonce la maltraitance subie par de nombreux enfants dans le monde et propose d’agir. « Il faut que des gens aillent dans ces pays pour interdire de continuer à faire du mal à ces enfants », poursuit le jeune garçon. Et si l’on ne peut agir directement là-bas, alors « il faut les emmener quelque part où ils seront mieux éduqués ».
A ses côtés, Faustine, Jodi et Shirley, âgées de 8 ans - et parfois du demi qui compte aussi - toutes 3 en classe de CE2 dans la même école. Parmi les droits de l’enfant inscrits dans la Convention internationale, qui fête cette année son 17ème anniversaire, ils retiennent : le droit à la paix, le droit à l’alimentation, le droit à la compréhension et à l’amour des parents, le droit à l’écoute. Et si pour leur part, ils se disent écoutés, Faustine souligne néanmoins que ce n’est pas toujours facile, « les parents travaillent ». Et de ce lien avec la famille découlent aussi les devoirs des enfants, et Faustine de rajouter encore avec un sourire malicieux : « je préfère les droits plutôt que les devoirs ». « Les devoirs, ça tombe bien, on en n’aura pas ce soir », poursuivra pour sa part Hugo qui ne manque pas d’humour. Enfin, pour cette Journée nationale des droits de l’enfant, nous avons demandé à ces élèves de formuler un vœux. Pour Hugo et Shirley, « il faut arrêter de maltraiter les enfants ». Faustine voudrait que l’ordre des choses soit rétabli : « les adultes doivent travailler et les enfants aller à l’école. Ceux qui veulent avoir, ils n’ont qu’à le faire eux-mêmes ». Enfin, Jodi appelle avec sagesse à « respecter les gens ». Leurs propos sonnent comme une évidence et pourtant...
SL
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
In kozman pou la rout
36 % de personnes âgées à La Réunion en 2050
Contraste avec La Réunion base de l’OTAN en l’Afrique australe
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture