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Guerre en Ukraine : tous les réfugiés ne sont pas les bienvenus en Europe
17 mai 2022, par

Dans son édition du 13 mai dernier, l’Humanité rappelle le traitement raciste subi par les réfugiés venus d’Ukraine d’origine africaine. Il donne l’exemple d’un étudiant de nationalité ivoirienne qui est sous le coup d’une expulsion du territoire de la République depuis le 14 mai. Il a pourtant les papiers nécessaires pour séjourner régulièrement en Ukraine où il étudiait depuis 5 ans.
Voici un extrait d’un article publié le 13 mai dernier par notre confrère « l’Humanité » :
« Étudiant en cyber-sécurité, inscrit depuis cinq ans à l’Université d’Odessa, il a fui à l’annonce des premiers bombardements russes sur l’Ukraine. Passé par la Pologne, puis par l’Allemagne, il a été orienté, à son arrivée à Paris, vers un Centre d’accueil mis en place par la préfecture d’Ardèche, à Darbres. Mais à partir du vendredi 14 mai, Willy sera considéré en situation irrégulière et expulsable du sol français.
Sa différence avec les autres réfugiés venus d’Ukraine : sa peau noire et sa nationalité ivoirienne. « Je ne suis pourtant pas un sans-papiers, rappelle-t-il fermement. Je suis arrivé en Europe légalement. Je disposais, en Ukraine, d’un titre de séjour en bonne et due forme. Je payais mon logement et ma scolarité. Imaginez tout ce que mes parents ont investi pour que je puisse suivre ces études. Et il faudrait que je rentre sans aucun diplôme ? »
L’application en France du dispositif d’urgence déclenché le 4 mars par l’Union européenne pour accueillir ceux qui fuient l’Ukraine, exclut d’emblée « les ressortissants de pays tiers en mesure de regagner leur pays d’origine dans des conditions sûres et durables » . Le ministère de l’Intérieur laissant à la discrétion des préfets l’examen individuel « du droit au séjour de ces personnes » ».
Ceci rappelle la discrimination subie par les réfugiés d’origine africaine ou asiatiques qui veulent vivre en Europe. Tout comme une majorité des 5 millions de réfugiés ukrainiens accueillis en Europe, ils sont nombreux à fuir la guerre. Mais à la différence des Ukrainiens qui sont traités comme des ressortissants d’un Etat européen à partir du moment où ils posent le pied dans l’UE, ils ne sont pas les bienvenus. D’ailleurs, pour eux, le terme véhiculé dans les médias est « migrant », et non pas « réfugié ».
Cette discrimination touche même des personnes qui avaient un visa en bonne et due forme pour séjourner régulièrement en Ukraine, mais qui sont désormais sous la menace d’une expulsion car elles ont cherché à trouver refuge en France, un Etat de l’UE.
Il est grand temps que des Etats cessent de pratiquer cette politique de deux poids deux mesures à l’égard des réfugiés selon leur origine. Tous ont une raison on ne peut plus valable pour décider de tout quitter et de prendre le risque du voyage loin de leur pays. Tant que persistera cette discrimination, les dirigeants européens prêteront le flan aux accusations de racisme.
M.M.
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