Droits humains

Groupe de dialogue inter-religieux : « La Terre Sainte est aimée par deux peuples, qui veulent y vivre en paix et en sécurité »

Numéro spécial Solidarité Palestine

Témoignages.re / 3 juillet 2020

Voici le contenu du discours d’Omar Issop-Banian, secrétaire du Groupe de dialogue inter-religieux de La Réunion à l’occasion du rassemblement de solidarité avec le peuple palestinien organisé le 1er juillet par le Mouvement réunionnais pour la Paix.

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Je remercie le Mouvement réunionnais pour la Paix de cette initiative et d’y associer le GDIR. Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur ce sujet brûlant et en même temps ultrasensible et tellement emblématique et primordial pour la Paix dans cette région du monde qui, si l’Humanité y parvenait enfin, ruissellerait sur les politiques multilatérales et apaiserait les relations internationales.

Je voudrais par conséquent dire notre sidération après plus de 70 ans, sur ce que nous pouvons appeler l’une des plus grandes injustices de l’histoire moderne. Sidération mais surtout interrogation : pourquoi l’ONU ne parvient-elle pas à une solution juste, équitable, équilibrée, réparatrice et humaine, face à un contexte qui va devenir de plus en plus inextricable ? Sans considérer la question des religions monothéistes qui toutes ont un droit sur Jérusalem, celle de coexister de façon respectueuse, pacifique et dans un même élan d’amour vers Dieu, à regarder de plus près il ne s’agît pas de guerres de religions, mais bien de posture politique internationale incapable de faire régner l’ordre et les résolutions. Alors que faire ?

Au GDIR - de par notre diversité religieuse et nos diverses sensibilités - NOUS AGISSONS EN ARTISANS DE PAIX, nous sommes convaincus que les vrais enseignements des religions invitent à demeurer ancrés dans les valeurs de la paix, à soutenir les valeurs de la connaissance réciproque, de la fraternité humaine et de la coexistence commune, à rétablir la sagesse, la justice, la vérité et la liberté.

En effet, en Israël et en Palestine, une voie originale est obligatoire maintenant pour la survie même des deux peuples, qui après tout sont des cousins abrahamiques. Cette autre voie passe par l’écoute et la compréhension de l’autre.

A ce sujet, je voudrais citer ici deux références pour un tel projet, d’abord, Laurent Klein, essayiste, qui en mai 2009 avait déclaré dans le journal Le Monde : « deux options s’offrent aux croyants :
- s’appuyer sur les textes sacrés et revendiquer la possession de la terre, de toute la terre d’Israël ou de Palestine. Nous savons quels dégâts cela entraîne,
- ou bien, s’appuyer sur ces mêmes textes et défendre le respect du droit, rechercher la justice, protéger le faible et œuvrer à la réparation du monde. La Terre Sainte est aimée par deux peuples, qui veulent y vivre en paix et en sécurité. Paix et sécurité ne sont pas des termes anodins pour les membres de ces deux nations. C’est par une éducation à l’écoute de l’autre, une compréhension approfondie de ses craintes et de ses espoirs, en référence à nos textes les plus chers, que nous pouvons demander à nos jeunes de suivre l’exemple d’Abraham : rechercher Tsèdaqa ou-Michpath, Équité et Justice. C’est ainsi que nous pourrons contribuer à réparer l’injustice faite aux Palestiniens sans entraîner de nouvelles injustices pour le peuple Juif ».

Ensuite, une autre déclaration d’importance, l’appel du 8 avril 2019, du pape François et de Mohamed VI, roi du Maroc, en faveur de Jérusalem, qui reconnaissant l’unicité et la sacralité de Jérusalem / Al Quds acharif et ayant à cœur sa signification spirituelle et sa vocation particulière de Ville de la Paix », ont déclaré : « Nous pensons important de préserver la Ville sainte de Jérusalem / Al Quds acharif comme patrimoine commun de l’humanité et, par-dessus tout pour les fidèles des trois religions monothéistes, comme lieu de rencontre et symbole de coexistence pacifique, où se cultivent le respect réciproque et le dialogue. Dans ce but, doivent être conservés et promus le caractère spécifique multi-religieux, la dimension spirituelle et l’identité culturelle particulière de Jérusalem / Al Quds acharif. Nous souhaitons, par conséquent, que dans la Ville sainte soient pleinement garantis la pleine liberté d’accès aux fidèles des trois religions monothéistes et le droit de chacune d’y exercer son propre culte, de sorte qu’à Jérusalem / Al Qods Acharif s’élève, de la part de leurs fidèles, la prière à Dieu, Créateur de tous, pour un avenir de paix et de fraternité sur la terre ».

Le pape a par ailleurs déclaré : « Il me semble que la Cité Sainte représente un patrimoine vraiment sacré pour tous les fidèles des trois grandes religions monothéistes et pour le monde entier, et au premier chef pour les populations qui vivent sur son territoire. Il faudrait trouver là l’élan nouveau, l’approche nouvelle qui permettraient, loin d’accentuer la division, de traduire en actes une fraternité beaucoup plus fondamentale, et de parvenir, Dieu aidant, à une solution originale peut-être, mais prochaine, définitive, garantie et respectueuse des droits de tous. Puissions-nous voir ce vœu enfin réalisé ! Je ne peux taire ma profonde inquiétude pour la situation qui s’est créée ces derniers jours autour de Jérusalem, j’adresse un appel vibrant pour que tous s’engagent à respecter le statuquo de la ville, en conformité avec les résolutions pertinentes de l’ONU, Jérusalem est une ville unique, sacrée pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, qui y vénèrent les Lieux saints de leurs religion respective, et elle a une vocation spéciale pour la paix ».

Je termine, en rappelant que les déchirements de l’Humanité, la destruction de la planète, ne sont pas dignes des hommes et sont une offense permanente à Dieu. Le temps est donc venu de rechercher la Paix pour construire réellement un monde fraternel, partout, ici et maintenant.

Omar ISSOP-BANIAN
Secrétaire du GDIR