Droits humains

Jacqueline Revange : « Un travail avant tout ! »

Femme militante

Julie Pontalba / 8 mars 2021

Jacqueline est une femme militante bien connue du PCR et plus particulièrement de la section de Saint-Denis. Femme discrète, mais toujours là, présente dans les luttes. Elle a accepté aujourd’hui, de prendre la parole et de nous livrer sa vision de la vie.

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En 2017, Jacqueline Revange faisait partie de la délégation réunionnaise qui a participé à la commémoration du 70e anniversaire de la révolte de 1947 à Madagascar, une initiative de REAGIES.

Née un 14 juillet 1956, à ruelle Pavée, Saint Denis, Jacqueline est mère de 4 enfants et grand-mère de 4 petits-enfants. Fille d’une mère infirmière à l’hôpital et d’un père ébéniste, elle a eu la chance, pour l’époque, d’avoir une enfance heureuse : « nous té y mank de rien, nou lavé à manger, nou té propre, nou lavé un toit, une jolie maison. Des parents qui jouaient leur rôle et une vie stable ».
Elle a reçu une éducation stricte, basée sur la religion catholique et le respect envers les autres. « Le respekt té important pou nou ! Un « bonjour », un pardon, un exkiz, té obligatoire, té y croche pas note langue ».

« D’une certaine manière té plus facile avant pou les femmes »

Quand elle a eu ses enfants, ses parents étaient là pour l’aider et ils ont eu la même éducation. « Les enfants avant étaient plus respectueux des parents et des règles. Navé in l’heure pour rentrer, un l’heure pou baigner, pou manger,… et les enfants té y écoutent les parents. Aujourd’hui sé lo zenfant y commande lo parent ! Zot y soumettent zot parents à zot volonté ! En ce sens avant té plus facile. »
« Et pi koméla, pou veille out zenfan y fo paye in moun. Avant té pa kom ça. Lavé confiance les uns, les autres, té y rende service. Pou les parents d’aujourd’hui selon moin, la vie lé plus difficile ».

Pour Jacqueline aussi la vie est plus difficile maintenant. Elle qui a eu une enfance heureuse et grandi dans une grande maison, elle habite aujourd’hui dans un logement social de la SIDR, et vit des minima sociaux, faute d’avoir un travail. D’ailleurs elle n’a eu que des petits contrats dans sa vie active qui s’achève cette année à l’approche de ses 65 ans. Elle se demande quelle retraite elle aura et comment elle va faire. « Lé difficile pou moin. Mi vive avec l’aide sociale. Parfois même moin lé obligé fé in demande colis alimentaire, parce que avec le loyer, l’eau, EDF, l’assurance, le transport,… mi arrive pas à bout ».

Des études et un travail d’abord !

Malgré ses difficultés, Jacqueline est très fière de ce qu’elle est de qu’elle a réussi, de ses enfants, de ses petits-enfants. Concernant ses petits enfants, elle est contente : « les 3 premiers lé sauvé, zot na zot Bac. Le dernier na 9 ans et li apprend bien lékol. Lé important lékol ! ».
Sa première petite-fille se marie en août et c’est une bonne nouvelle, elle est très contente, mais elle avertit : « y fo elle y continue ses études malgré sa ! Pour avoir un bon travail in jour, pour avoir son propre argent, c’est ça lo plus important. Y fo elle y travail ». Après, oui, elle va pouvoir créer sa propre famille et y subvenir, même seule si le cas devait se présenter. Mais avoir un travail représente, beaucoup, représente la liberté. Avoir un enfant aussi : « au moins un, lé important. Si ou lé malade in jour. Pou pas ête seule aussi ».

Sa vie de militante

Moin lé au parti comminis dopi lontan. C’est Alain, le secrétaire de section que la amène à moin dans ce parti et mi voit ce parti y fé bonpé zafère pou nou ici La Rénion. Tanke ma gagne apporte mon aide ma fé. Lé important militer, y fo pas resse out caze, il fo participer. D’autre la fé avan nou. »
Moin lé fière de ce que mi lé aujourd’hui, moin lé tranquille, mi ennuie pas personne, mi respekt tout le monde, et moin lé fière de faire ce que mi fé au parti comminis, pou mon section, pou mon pays.