Économie réunionnaise : le calme avant la tempête
6 juin, parIEDOM : « Un premier trimestre favorable avant l’impact de la crise au Moyen-Orient »
Affaire de la Banque Centrale des Comores - 2 -
18 juin 2005

Nous avons déroulé hier la chronologie de l’affaire de la Banque Centrale des Comores, qui s’est terminée par le dépôt d’une plainte par les avocats du gouverneur de la BCC, Ibrahim Ben Ali pour arrestation et incarcération illégale, abus d’autorité et forfaiture. Aujourd’hui c’est son onzième jour en prison.
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En faisant une conférence de presse le jeudi 16 juin simultanément à Moroni et à Saint-Denis, les avocats de Ibrahim Ben Ali, gouverneur de la Banque Centrale des Comores, ont voulu porter témoignage.
Nous avons montré comment, suite à une affaire de fraude interne, le gouverneur, au départ partie civile, s’est retrouvé accusé du jour au lendemain sans précision sur les faits qu’on lui reprochait. Au terme de plusieurs péripéties judiciaires, il a été condamné le 7 juin à sept mois de prison dont un mois ferme. (Voir "Témoignages" du vendredi 17 juin) Malgré le recours en cassation aussitôt formé par ses avocats, qui devrait avoir un effet suspensif sur la condamnation, le gouverneur a pourtant été arrêté le lendemain, mercredi 8 juin.
"Le gouverneur se reposait dans sa chambre..."
Maître Rémi Boniface confiait les circonstances de cette arrestation : "Le gouverneur se reposait dans sa chambre. Le gouverneur est venu nous avertir que la gendarmerie était là. J’ai dit au gardien de dire aux gendarmes que le gouverneur Ibrahim Ben Ali était parti avec son avocat en voiture. Les gendarmes sont partis et sont finalement revenus. Ils sont entrés et ils ont emmené le gouverneur."
Le gouverneur leur a demandé l’objet de leur visite, il lui a été répondu qu’on procédait à son arrestation. Le gouverneur a alors indiqué qu’il poserait une plainte pour arrestation et détention illégale. Cela n’a rien changé, il a été emmené, et le gardien aussi.
Maître Rémi Boniface s’interpose, mais un sous-officier justifie l’arrestation du gardien en précisant qu’il a un compte personnel à régler avec celui-ci. "Le gardien a été libéré trois jours après, avec une mâchoire qui n’était plus la même", poursuit l’avocat.
Des conditions de détention difficiles
Le gouverneur a été conduit à la maison d’arrêt, il a fallu prévenir sa famille pour lui apporter un matelas, car la prison n’en fournit pas, ainsi que pour lui apporter des repas, la prison n’en prévoyant qu’un par jour et de mauvaise qualité. Il fallut aussi, et l’avocat s’excuse de ces détails, lui faire parvenir "du papier hygiénique et des sachets plastiques, car il n’y a pas de toilettes." Ces quelques indications laissent présager de ses conditions de détention.
Il a alors été demandé au gouverneur Ben Ali s’il souhaitait faire un recours en grâce, supplique au chef de l’État où le condamné demande pardon, ou s’il souhaitait être transféré à l’hôpital pour raison de santé ? Sa réponse a été simple : "Je suis Comorien. Je ne demande aucun traitement de faveur par rapport à mes frères."
Dans notre édition de lundi et dans les jours qui viennent, nous rapporterons ici les autres réactions des avocats et aussi celles de la presse comorienne au cours de l’affaire. Si rien n’est fait, Ibrahim Ben Ali restera enfermé jusqu’au 8 juillet prochain.
Eiffel
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