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L’autonomie énergétique de La Réunion : moyen de lutte contre la pauvreté

Le développement passe par l’éradication de la pauvreté : c’est possible à La Réunion -2-

jeudi 11 août 2022, par Manuel Marchal


L’autonomie énergétique totale de La Réunion à partir d’énergies renouvelables locales est possible à l’horizon 2030, comme le souligne une étude très sérieuse de l’ADEME publiée en 2019. Les deux tiers de la consommation pourraient être produites par l’énergie solaire. La technologie du photovoltaïque permet en effet aux Réunionnais d’être les détenteurs des moyens de production de l’énergie grâce à la décentralisation de cette production. Les distributeurs d’électricité ne seraient alors plus les fournisseurs mais les clients des Réunionnais qui leur vendraient leur excédent de production. Le gain de pouvoir d’achat sera important, surtout pour les plus pauvres qui seront alors des producteurs d’énergie à titre individuel, ou au sein de coopératives de production.


Dans Témoignages d’hier, il était question d’une réforme de la politique des transports afin qu’elle soit au service des Réunionnais. Car le train est un moyen de lutter contre la pauvreté en diminuant considérablement le coût des déplacements des Réunionnais par rapport à la quasi-obligation d’acheter et d’entretenir une voiture pour pallier à une offre de transports collectifs inadaptés.
Ce train fonctionnera à l’électricité. Pour qu’il reste à un prix abordable, il est nécessaire que cette électricité soit produite à partir d’une source totalement maîtrisée par les Réunionnais. Le recours aux énergies renouvelables (ENR) produites localement est donc une nécessité.

L’autonomie énergétique à partir des ENR locales est possible

Une telle démarche s’inscrit dans la transition écologique. Jusqu’en 2010, La Réunion était en avance dans ce domaine, avec la marche vers l’autonomie énergétique qui devait être atteinte en 2025. Mais ce projet impulsé par la Région Réunion présidée alors par Paul Vergès, a été remis en cause par un changement de majorité. Son successeur a mis en place une politique au service du lobby des énergies fossiles, notamment celui du tout automobile et des producteurs d’électricité à partir de matières premières importées.
Or, l’autonomie énergétique de La Réunion à partir des énergies renouvelables locales reste possible à l’horizon 2030. C’est ce que rappelle une étude très sérieuse publiée par l’ADEME en 2019. En voici les grandes lignes :

« Baisse des coûts de l’énergie produite »

« Un mix électrique 100 % ENR est possible en Réunion tout en satisfaisant l’ensemble de la demande électrique à tout instant — équilibre offre demande — moyennant un recours significatif à des capacités de stockage. »
« Pour l’île de la Réunion, les machines tournantes sont susceptibles de représenter entre un quart et un tiers des capacités installées à 2030 dans un mix 100 % ENR, réparties entre les filières géothermiques, biomasse/bagasse/déchets, et hydroélectricité. Le complément étant assuré par le photovoltaïque et l’éolien. Une adaptation rapide des équipements de régulation du réseau électrique devra donc être prévue afin d’intégrer ces nouveaux moyens de production décentralisés. »
« Par rapport à la situation actuelle, les scénarios à fort taux d’ENR s’accompagnent d’une baisse des coûts (LCOE moyen du parc) de l’énergie produite. »
Dans ce mix, le photovoltaïque assurerait 61 % de la consommation d’énergie, devant l’hydroélectricité (14 %), la biomasse et l’éolien (11 %), le reste se répartissant entre biogaz, géothermie et énergie thermique marine.

Les pauvres vendront de l’électricité à EDF

Le développement du photovoltaïque repose sur la décentralisation des moyens de production. Elle permet de faire de chaque maison individuelle ou habitat collectif une centrale électrique. Ceci remet en cause le modèle actuel, où ce sont de grands groupes extérieurs à La Réunion qui ont le monopole des outils de production d’électricité, et de la fourniture de l’énergie nécessaire aux transports.
Ainsi, chaque Réunionnais peut devenir producteur de l’énergie qu’il consomme, soit individuellement, soit au sein d’une coopérative de production dans les habitats collectifs. L’électricité produite permet alors de satisfaire les besoins des habitants, le surplus d’énergie produite la journée peut être stockée dans des batteries dont celles des voitures et des bus électriques, puis restituée pendant la nuit quand le soleil ne brille plus.
L’excédent sera alors injecté dans le réseau, acheté par le distributeur d’électricité. Ainsi, les Réunionnais n’auront plus besoin de payer des factures d’électricité. Ils seront les fournisseurs d’un distributeur qui devra leur payer des factures.
Ce sera un gain immédiat de pouvoir d’achat pour les Réunionnais, notamment les plus pauvres. Ainsi, l’autonomie énergétique de La Réunion permettra de lutter contre la pauvreté.

M.M.


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Messages

  • La production d’électricité à la portée de tout le monde peut aussi être réalisée à l’aide de micro centrale hydroélectrique que l’on peut installer là où on dispose d’un débit de plus de 20 litres par seconde et une hauteur de chute d’au moins une dizaine de mètres .La plupart des ravines de la Réunion dans lesquelles il y a encore un peu d’eau qui coule offrent la possibilité de construire des microcentrales hydroélectriques d’une capacité d’une vingtaine ou d’une trentaine de KW , ce qui suffit largement pour une maison Mais ces sites ne sont pas exploitées parce que personne ne s’y intéresse vraiment . Peut être que si les pouvoirs publics soutenaient financièrement les projets de microcentrales hydrauliques ; ces sites qui permettent de produire de l’électricité même en petite quantité seraient exploités .

    Mais ce qui existe naturellement peut aussi être créé artificiellement . Pourquoi ne pas produire de l’électricité en faisant monter de l’eau artificiellement jusqu’à une hauteur suffisante pour la faire retomber sur des turbines hydrauliques qui produiront plus d’énergie qu’il aura fallu dépenser pour la faire monter . Il y a de l’eau dans nos montagnes et nos trois cirques et des possibilités d’utiliser les remparts comme moyens de chute d’eau après un pompage vers les sommets. Mais là aussi personne à part moi n’a osé proposé cette solution .

    Enfin on pourrait aussi en utilisant la force de gravité de l’eau stockée à une certaine hauteur et l’accélération provoquée par le rétrécissement du diamètre des conduites de chute d’eau , créer des circuits d’eau fermés sur lesquels on pourrait installer des turbines pour produire de l’énergie électrique de manière permanente ,n’importe où, n’n’importe quand et par n’importe quel temps . Bien sûr la quantité d’énergie produite par ces circuits fermés restera toujours limitée ; mais elle sera toujours moins coûteuses que l’énergie produite par les autres moyens de produire de l’énergie renouvelable et propre et devrait pouvoir permettre aux plus pauvres d’accéder facilement à l’électricité . J’ai des idées sur cette question mais hélas pas les moyens de les concrétiser ;

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