Droits humains

La Convention contre les pires formes de travail des enfants ratifiée

152 millions d’enfants obligés de travailler, dont 73 millions dans des métiers dangereux

Témoignages.re / 5 août 2020

Pour la première fois dans l’histoire de l’OIT, une convention internationale du travail est ratifiée par tous les Etats Membres.

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La Convention (no 182) de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants, 1999 obtient la ratification universelle après la ratification par le Royaume des Tonga. L’ambassadrice du Royaume des Tonga, Titilupe Fanetupouvava’u Tuivakano, a formellement déposé les instruments de ratification auprès du Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, le 4 août 2020.
Il s’agit de la convention la plus rapidement ratifiée dans l’histoire de l’Organisation, depuis son adoption par la Conférence internationale du Travail il y a 21 ans.
L’OIT estime à 152 millions le nombre d’enfants qui travaillent , dont 73 millions dans des travaux dangereux. Soixante-dix pour cent de l’ensemble du travail des enfants concernent l’agriculture et sont essentiellement liés à la pauvreté et aux difficultés de leurs parents à trouver un travail décent.
La convention no 182 demande la prohibition et l’élimination des pires formes de travail des enfants, y compris l’esclavage, le travail forcé et la traite des êtres humains. Elle interdit l’utilisation des enfants dans les conflits armés, la prostitution, la pornographie et les activités illicites telles que le trafic de drogue, et les travaux dangereux.

Elle est l’une des huit conventions fondamentales de l’OIT . Celles-ci couvrent l’abolition du travail des enfants, l’élimination du travail forcé, l’abolition de la discrimination liée au travail, et les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective. Ces principes sont aussi couverts par la Déclaration de l’OIT relative aux principes et droits fondamentaux au travail (1998) .

Depuis la création de l’OIT en 1919, le travail des enfants est une préoccupation centrale. Le premier Directeur de l’Organisation, Albert Thomas, décrivait le travail des enfants comme « l’exploitation de l’enfance qui constitue le mal… le plus insupportable pour le cœur de l’homme. Tout travail sérieux sur la législation sociale commence toujours par la protection des enfants. »

Engagement mondial

« La ratification universelle de la convention no 182 est une première historique qui signifie que tous les enfants jouissent désormais d’une protection juridique contre les pires formes de travail des enfants », a déclaré Guy Ryder, Directeur général de l’OIT. « Elle reflète un engagement mondial selon lequel les pires formes de travail des enfants, telles que l’esclavage, l’exploitation sexuelle, l’utilisation des enfants dans les conflits armés ou d’autres travaux dangereux ou illicites qui compromettent la santé, la moralité et le bien-être psychologique des enfants, n’ont pas leur place dans notre société. »
La Secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (CSI), Sharan Burrow, a salué la ratification.
« La ratification universelle de la convention no 182 est un rappel puissant et opportun de l’importance des normes de l’OIT et de la nécessité d’apporter des solutions multilatérales aux problèmes mondiaux. Le travail des enfants est une grave violation des droits fondamentaux et il incombe aux mandants de l’OIT et à la communauté internationale de veiller à ce que cette convention soit pleinement appliquée, notamment en faisant preuve de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement mondiales », précise-t-elle.

Urgence avec la pandemie COVID-19

« La ratification universelle de la convention no 182 sur les pires formes de travail des enfants est un moment historique », a déclaré Roberto Suárez Santos, Secrétaire général de l’Organisation internationale des employeurs (OIE). « Au fil des années, l’OIE et ses organisations membres ont soutenu la mise en œuvre de cette convention. Aujourd’hui, le monde des affaires est à la fois conscient de la nécessité de faire des affaires dans le respect des droits de l’enfant et agit en conséquence. C’est encore plus urgent en cette période de pandémie de COVID-19 . Nous ne pouvons pas laisser la lutte contre les pires formes de travail des enfants reculer. Ensemble, nous pouvons œuvrer à l’élimination du travail des enfants sous toutes ses formes. »

Cette ratification universelle est une nouvelle étape vers la concrétisation des aspirations de Kailash Satyarti, lauréat du prix Nobel de la paix, quand il disait : « Je rêve d’un monde où les enfants sont en sécurité et où l’enfance est sure ;… je rêve d’un monde où chaque enfant jouit de la liberté d’être un enfant. »