La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes colonies intégrées à la République française comme La Réunion
5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
23 janvier 2008

Doit-on féliciter le Préfet pour son changement d’avis inespéré ? Hier, les médias réunionnais recevaient un communiqué pour le moins étonnant de la Préfecture revenant sur la décision de reconduite à la frontière pour la famille Nourdine. Merci à tous ceux qui se sont engagés dans cette victorieuse bataille.
L’objet du communiqué signifie la délivrance “temporaire” pour les Nourdine. La Préfecture encadre en gros « Titre de séjour accordé à la famille Nourdine, à titre exceptionnel, par le Préfet de La Réunion ». Ainsi, le préfet de La Réunion dit qui reste à La Réunion, et qui doit partir. Le titre de séjour est accordé exceptionnellement, ce qui veut dire que la famille Nourdine n’est pas dédouanée de nouvelles formalités administratives. Est-ce à dire qu’elle doit s’inquiéter quand même pour son avenir, et particulièrement celle de ses enfants ? D’ailleurs, la Préfecture donne le ton. « Monsieur Rachad Nourdine et son épouse Faouzia née Saïd Ahmed, tous deux de nationalité comorienne, ne remplissent aucune condition du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) pour obtenir un titre de séjour », annonce en premier lieu le communiqué. Alors, comment, dans son infinie bonté, Pierre-Henry Maccioni a décidé de réexaminer une nouvelle fois la situation des intéressés ? Certes, enfin l’autorité préfectorale reconnaît l’intégration des époux Nourdine, l’investissement du mari au sein de la vie sociale, l’engagement de ce dernier dans la lutte contre l’illettrisme. Enfin, on daigne constater qu’il s’agit d’un homme instruit et diplômé, capable de « s’insérer durablement dans l’économie réunionnaise », lit-on, étonnés. C’est exactement ce que l’on n’a pas cessé de rappeler dans ce dossier incompréhensible, relayé par les médias de tout bord.
Pourquoi un rappel des faits ?
Que comprendre de ce rappel préfectoral concernant les deux parents ? Ainsi, lit-on dans le communiqué, « Rachad Nourdine fait l’objet d’un refus de séjour assorti d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) en date du 5 juin 2007 qui a été notifié le 7 juin 2007. Il avait formulé un recours contre cette décision. Le 13 décembre 2007, le Tribunal administratif de Saint-Denis a rejeté sa requête. Concernant Faouzia Nourdine, elle est démunie de visa d’entrée (L. 511-1 II 1e du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA). Elle déclare être entrée à La Réunion en décembre 2005 munie d’un passeport comorien et d’un titre de séjour délivré par la Préfecture de Mayotte. Le titre de séjour est expiré depuis le 4 décembre 2006 ». Pourquoi ce rappel des faits ? Pourquoi expliquer la “culpabilité” d’étrangers en situation irrégulière sur un territoire français pour conclure ensuite à un réexamen de la situation ? Est-ce comme reconnaître des bouts des lèvres une erreur quelconque de jugement de la situation ? Est-ce pour mieux fragiliser la famille, qui reste tout de même dans une situation précaire ? Avant et après l’audience au Tribunal administratif, lundi dernier, la famille soumettait son souhait de voir ses enfants grandir au sein de la culture française et réunionnaise. Comment sera prise en compte cette volonté d’intégration ? En lisant et relisant ce communiqué, on ne peut que s’inquiéter de l’issue de ce dossier. Est-ce à dire, par exemple, qu’au vu des prochaines élections, la Préfecture a préféré ouvrir la soupape de sécurité ?
Exceptionnel ?
Il faut dire que cette situation aura été gênante pour la Préfecture, qui n’a pas cessé d’aller de contradiction en contradiction. La menace de reconduite à la frontière planait depuis le 5 juin 2007 pour Rachad Nourdine, alors qu’en octobre de la même année, il fut présenté à la secrétaire d’Etat Fadéla Amara comme un modèle d’intégration. C’est là la contradiction la plus flagrante, qu’il s’agit aujourd’hui de réparer par un simple titre « exceptionnel » de séjour. Que cache le terme « exceptionnel » ? Cela vaut-il pour quelques jours, quelques mois, ou encore une année, ou plus ? Ou est-ce à dire que dans la campagne de la politique d’immigration, une politique de chiffres, les Nourdine sont l’exception qui confirme la règle ? Alors, espérons qu’ils restent chez eux, à La Réunion. Mais interrogeons-nous sur ce que cela signifie pour tous ceux qui rentrent dans la “case” étrangers ? Espérons que nous ne serons pas témoins d’une rafle organisée pour faire du chiffre ? Ici, un Réunionnais est malgache, comorien, indien, chinois, zarab’, zorèy. Il est vrai que dans le temps, les immigrés ne se froissaient pas d’autant de paperasses, et plusieurs en furent totalement privés de toute façon.
Bbj
Une famille soulagée
Tout le monde se félicite de la décision préfectorale, même si les interrogations restent constantes. « C’est la joie, la fête », confie un proche de la famille, qui note par la même que « c’est une décision politique prise dans une arrière cour ». Et de poursuivre : « il (ndlr : le préfet) ne veut pas que Mayotte soit sur le moindre tapis d’un tribunal européen ». Après le fracassant discours de la conseillère régionale Catherine Gaud et l’intervention “koudvan” de la Présidente du Conseil général, Nassimah Dindar, la Préfecture est revenue sur sa première décision. Selon l’analyse d’un autre proche de la famille, la Préfecture ne voulait pas étendre le dossier, pour préférer la paix des braves. « Il n’avait qu’à pas mettre le bordel », lance-t-il. Joint par téléphone, Rachad Nourdine, lui, ne cache pas sa joie. Il remercie en premier lieu tous les médias, les politiques et les associations qui ont donné du poids à une revendication juste. « A partir de ce moment, on va continuer à vivre, mais maintenant, on peut être enfin rassurés. Cela fait longtemps que nous n’avons pas vu notre pays natal. Maintenant, nous pouvons rentrer et sortir de La Réunion sans problème », confie Rachad Nourdine. C’est un confort que l’on peut comprendre. Mais comme depuis le départ, Rachad Nourdine dédie cette bataille à ses enfants, à qui un avenir plus serein est offert. Il rappelle que Les Comores sont une ancienne colonie française et sont baignés dans la culture française. « Notre langue maternelle est le comorien, mais la langue officielle reste le français. Le français est comme ma première langue. Nous sommes imprégnés de la culture française et nous voulons la transmettre à nos enfants », confie encore Rachad. Selon lui, pour la partie juridique, l’audience prévue au Tribunal administratif vendredi à 14h30 est annulée. Les Nourdine seront convoqués par la Préfecture pour la régularisation de leur séjour. Selon les premières informations, ils devraient profiter d’un titre de séjour de 10 ans. Espérons que cela vaudra pour toute la famille, et que ce ne sera pas une étude au cas par cas.
Bbj
Communiqué du député Patrick Lebreton concernant l’affaire Nourdine
Une politique du chiffre qui « provoque de véritables drames humains »
Pour Patrick Lebreton, la regrettable affaire de la famille Nourdine symbolise l’impasse dans laquelle la politique des quotas menée par le gouvernement conduira de nombreuses familles.
Contrairement aux discours vantant le parcours d’intégration, cette politique du chiffre incite les autorités à prononcer des expulsions aveugles et à provoquer de véritables drames humains comme celui de cette famille, modèle d’intégration républicaine qui tentait honnêtement de régulariser sa situation administrative.
Patrick Lebreton s’alarme des conséquences d’une telle décision sur la situation des migrants dont le gouvernement est incapable de réguler les flux. En effet, l’expulsion de cette famille incitera les autres familles dans ce cas à demeurer dans la clandestinité avec tous les risques que cela comporte (marginalisation, délinquance).
Au-delà de la tragédie individuelle, cette situation n’est que la conséquence de la passivité d’une majorité UMP qui, au pouvoir depuis 2002, a négligé les questions cruciales du statut de Mayotte et des relations avec l’Union des Comores.
Patrick Lebreton estime qu’il est plus que temps que le gouvernement, et en particulier Monsieur Hortefeux, se concentre sur l’élaboration de solutions appropriées. Il signale qu’il est prêt à apporter son concours à toute initiative qui serait mise en œuvre.
Le Député-maire
Patrick Lebreton
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Mézami pou sak la viv lontan dann nout péi La Rényon-dizon pou sak la konète la loi disnèf mars 1946 kan l’arivé, zot téi panss sirman la fain (…)
In kozman pou la rout
36 % de personnes âgées à La Réunion en 2050
Contraste avec La Réunion base de l’OTAN en l’Afrique australe
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités La concentration de richesses révèle l’ampleur des inégalités dans les anciennes (…)
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture
Messages
23 janvier 2008, 04:05, par thierry denys
La révolution française à inauguré en 1789 l’âge des Etats Nations fondés sur le principe de la souveraineté du peuple. Cette révolution politique a entraîné la naissance de territoires strictement délimités par des frontières rigides, à l’intérieur desquellles vivent des communautés de citoyens disposant de droits que l’état garantit et qu’il protège contre les menaces extérieures.
La révolution industrielle a provoqué une fomidable mobilité des hommes, de par la recherche de matières premières, de main d’oeuvre, de marchés, et d’échanges sur la recherche.
Avec la mondialisaton, les individus se déplacent de plus en plus vite, sont de plus en plus nombreux à le faire, portés par la nécessité ou l’envie.
Portés par l’envie pour les riches ou fils de pays riches qui peuvent s’installer ou bon leur semble sur la planète. On s’enthousiasme et s’enorgeuillit devant ces français qui réussissent au bout du monde, on les montre en exemple...
Portés par la nécessité pour la masse des autres. Et à eux il faudra papiers, emploi, montrer mille fois patte blanche, lutter contre mille formes de discriminations pour vivre en paix. Et souvent repartir menottes aux poignets, ou attendre dans des camps de rétention, emprisonnés comme des criminels qu’ils ne sont pas.
Le schéma du repli sur soi est intenable dans un monde qui vit. Ne laisser circuler sur la planète que les riches et les instruits contribue chaque jour à créer la frustration des immobiles forcés, crée un monde global internétisé et avionisé, et un autre cocacolaisé et obèse qui s’aigrit, et armé par nos soins nous combattra de plus en plus violemment.
Une famille comorienne a risqué l’expulsion, d’autres demain seront expulsées. Ces comoriens, comme bien d’autres "étrangers" sont victimes d’une conception du monde de 1789, or nous sommes en 2008. Il faudra bien que s’estompent pour les hommes les barrières depuis déja longtemps tombées pour les marchandises. Il faudra du temps, et du courage pour tracer la voie d’une mondialisation pour les humains après celle construite par et pour les « élites », les voitures, les armes et le coca.
Ici au coeur de l’Océan Indien, nous sommes au coeur de ce qui peut être un exemple magnifique de développement régional, de La Réunion aux Comores, à Mayotte, Madagascar, Maurice.....Ce n’est pas une famille comorienne que le préfet veut expluser, c’est une famille de l’Océan Indien, c’est quelqu’un de notre famille.
Osons dire que nous croyons que l’avenir de La Réunion est lié à celui de tout l’Océan Indien, et que le métissage dont La Réunion est à juste titre si fière se fera demain avec aussi des mahorais et des comoriens, sur chacune des îles. La libre circulation des hommes et des biens sur l’Océan Indien, croisée via La Réunion à l’Europe, c’est probablement à portée de volonté politique réunionnaise, un des signes forts que pourraient produire les réunionnais sur leur volonté de prendre en main leur destin.
Cordialement,