Droits humains

Le Burundi risque de devenir une « crise des réfugiés oubliée »

Appel du Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies

Témoignages.re / 8 février 2018

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) avec ses 26 autres partenaires humanitaires, a lancé, ce mardi, un appel de fonds pour 391 millions pour venir en aide à 430.000 réfugiés burundais en 2018. 500.000 personnes de plus dans cette situation pourraient être dénombrées cette année. Cette crise a lieu dans notre région.

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« Nous invitons les donateurs à renforcer leur soutien aux réfugiés désespérés qui luttent pour survivre dans les pays voisins alors que les efforts ne correspondent pas aux normes humanitaires acceptables. La communauté internationale doit également rester engagée dans la quête d’une résolution véritable et durable de la crise au Burundi », a déclaré Catherine Wiesner, coordonnatrice régionale du HCR pour la situation au Burundi, au cours d’un point de presse à Genève, mardi.

Vers un million de réfugiés

Elle a indiqué que l’insuffisance du financement humanitaire pour cette crise restait un gros problème. Les réfugiés burundais n’ont obtenu jusqu’ici que 21 % des fonds requis - ce qui en fait la situation de réfugiés la plus sous-financée au monde. « Notre appel, présenté ce jour aux donateurs à Genève, vise à s’assurer que les besoins des réfugiés burundais ne soient pas négligés et que la situation ne devienne pas une crise des réfugiés oubliée ». Elle a indiqué que depuis 2015, plus de 400.000 réfugiés et demandeurs d’asile ont fui ce pays, pour échapper aux violations des droits humains, à l’instabilité politique persistante et à la crise humanitaire qui en découle. Et le nombre de réfugiés devrait augmenter de plus de 500.000 personnes cette année alors que les efforts régionaux pour résoudre la crise politique dans le pays n’ont pas enregistré des progrès significatifs.

La situation des droits humains au Burundi reste également préoccupante, a déclaré Mme Wiesner, ajoutant qu’à moins d’une véritable résolution des problèmes économiques et d’une amélioration des conditions socio-économiques, l’exode de réfugiés burundais - principalement vers les pays voisins - devrait se poursuivre en 2018, bien qu’à un moindre niveau.

Toute la région concernée

La Tanzanie accueille le plus grand nombre de réfugiés burundais (254.000), tandis qu’il y en a 89.000 au Rwanda, 44.000 en République démocratique du Congo et 40.000 en Ouganda. De plus petits nombres de réfugiés se trouvent également au Kenya, en Zambie, au Mozambique, au Malawi et en Afrique du Sud. En 2017, plus de 61.000 réfugiés burundais sont arrivés dans les pays voisins. Bien que leur nombre ait diminué comparé à 2016 (quand 123.000 avaient fui), des milliers ont continué à franchir les frontières pour trouver la sécurité dans la région.

Mme Wiesner a estimé que face à l’augmentation des besoins humanitaires, la baisse des ressources n’a pas permis aux niveaux d’assistance d’atteindre des normes acceptables dans la région malgré leurs efforts.

Alors que la majorité des réfugiés (85 %) vivent dans des camps, le sous-financement a eu un impact sur tous les domaines de la vie - comme la réduction des rations alimentaires, le délabrement des abris, les classes surchargées et la capacité limitée à lutter contre les violences sexuelles.